Monde

Effondrement du Parti socialiste en Grèce

Le PASOK passe sous la barre des 5 %

Manuel Marchal / 27 janvier 2015

En 2012, le PS grec était le parti qui avait la majorité absolue au Parlement. Moins de trois ans plus tard, il n’arrive pas à convaincre plus de 5 % des électeurs. Les socialistes sont sanctionnés parce qu’ils ont fait une politique d’austérité. Ce résultat interroge tous les autres partis socialistes européens qui sont partisans de l’austérité. Le PS français tirera-t-il des leçons de ce scrutin ?

En 2009, le PASOK (Parti socialiste grec) est le grand vainqueur des élections législatives en Grèce. Il remporte près de 44 % des voix, et 160 sièges au Parlement. Le PASOK ferme alors un gouvernement socialiste. Il mène une politique d’austérité et doit faire face au mécontentement de la population. Il cherche alors de nouveaux alliés et forme un gouvernement de coalition avec la Nouvelle démocratie (UMP grecque) et LAOS (extrême droite).

La même politique est toujours menée. La protestation s’amplifie face aux mesures de régression sociale. La situation est si grave que des élections anticipées ont lieu en mai 2012. Les socialistes subissent une première sanction avec 13 % des suffrages et 41 députés au lieu de 160. Ils sont alors dépassés par Syriza qui compte 52 élus. Aucun gouvernement n’arrive à se former, les électeurs votent à nouveau un mois plus tard, ramener les socialistes à 12 %.

Le PASOK décide ensuite de participer à un gouvernement de coalition avec Nouvelle démocratie. Les rôles sont donc inversés, mais la politique reste la même, c’est-à-dire l’austérité avec de graves conséquences pour la population.

C’est un Parti socialiste en pleine crise qui se présente aux élections. À quelques semaines du scrutin, il est abandonné par son leader historique, Georges Papandréou.
Dimanche, le PASOK réalise son plus bas score à des législatives. Avec moins de 5 % des voix, il n’a plus que 13 élus au Parlement. Il est devenu le plus petit groupe de l’assemblée grecque. Le score du PS se situe donc très loin de Syriza, et il repasse derrière le Parti communiste. Même l’extrême droite obtient un score plus important que le PASOK.

Ce résultat est la conséquence d’un choix politique : l’application d’une politique d’austérité. La sanction est arrivée, va-t-elle faire réfléchir les autres Partis socialistes au pouvoir en Europe ? Quelles seront les leçons du scrutin tirées par les socialistes français ?


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