Monde

Election en Indonésie, deux vainqueurs

Céline Tabou / 10 juillet 2014

Les deux rivaux à la présidentielle indonésienne, le gouverneur de Jakarta, Joko Widodo et l’ex-général Prabowo Subianto, se sont déclarés vainqueurs de l’élection, mercredi. Un scrutin crucial depuis la chute du dictateur Suharto, il y a 16 ans, alors que les estimations placent Joko Widodo en tête.

Près de 190 millions d’électeurs dans cet immense archipel de 17.000 îles et îlots étaient appelés à choisir entre Jokowi et Prabowo. D’après des enquêtes réalisées par plusieurs instituts de sondage, cités par l’AFP, selon le décompte des bulletins de vote, Joko Widodo, surnommé Jokowi, recueille près de 53% des suffrages contre environ 47% pour son rival.
30 minutes après la clôture des bureaux de vote, Jokowi s’est déclaré vainqueur, sur la base d’estimations très fiables, et très proches des chiffres officiels. « Les résultats montrent pour le moment que Jokowi-JK l’emportent », a indiqué Jokowi lors d’une conférence de presse, en référence à son candidat à la vice-présidence, Jusuf Kalla.
Cependant Prabowo Bubianto a refusé d’annoncer sa défaite en déclarant peu après que lui-même et son candidat à la vice-présidence, Hatta Rajasa, « avaient reçu le soutien et un mandat des électeurs d’Indonésie ». Face à cette position, un porte-parole de l’équipe Jokowi, Anies Baswedan, a appelé Prabowo à se comporter comme « un homme d’Etat ».

Confrontation d’instituts de sondage

Selon Anies Baswedan, « pour moi, tous les instituts de sondage crédibles ont déclaré notre victoire avec une différence d’au moins cinq points ». Depuis la chute de Suharto en 1998, la situation est sans précédent en Indonésie. Les deux seules élections présidentielles organisées au suffrage universel direct avaient été remportées par l’actuel chef de l’Etat, Susilo Bambang Yudhoyono, élu en 2004 puis réélu en 2009.
Bambang Yudhoyono n’a pas pu se présenter aux élections, car la Constitution interdit de se représenter après deux mandats de cinq ans. Ce dernier a tout de même appelé mercredi les équipes des deux candidats à faire preuve de « retenue » et à « ne pas organiser de manifestations de déclaration de victoire jusqu’à l’annonce des résultats par la commission électorale », les 21 et 22 juillet.
D’un côté, Jokowi est considéré par ses partisans comme le candidat qui poursuivra les réformes démocratiques de l’ère post-Suharto (1967-1998). De l’autre, Prabowo est un ancien gendre de Suharto qui a reconnu avoir enlevé des militants pro-démocratie à la fin de l’ère Suharto. Joko Widodo a soulevé l’espoir d’une nouvelle classe de dirigeants politiques, restée gouvernée par une élite issue de l’époque de Suharto. A contrario, son opposant s’est présenté comme un dirigeant à poigne dont l’Indonésie a besoin.
Les programmes des deux candidats sont similaires : la lutte contre la corruption endémique et l’aide aux plus démunis. Dans un pays où près de la moitié des 250 millions vit avec moins de deux dollars par jour, le problème semble crucial dans cette élection.

Céline Tabou


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