Monde

En finir avec la dépendance envers les pays du Nord

Forum social mondial

Céline Tabou / 10 février 2011

Cette semaine, le lieu où il faut absolument se trouver est Dakar, qui accueille jusqu’au 11 février le Forum social mondial. De hauts responsables politiques de la gauche internationale sont présents, et en France, c’est Martine Aubry du PS qui y est allée.

Alternative au Forum économique mondial de Davos, le Forum social mondial réunit des milliers de participants et est à l’opposé du « business as usual ». Le social et l’être humain sont au cœur des débats, de fait, les organisateurs ont félicité la présence de « tous ceux qui s’opposent aux valeurs du néolibéralisme que défendent les institutions internationales, les multinationales, et même certains gouvernements ».

« L’Afrique a besoin d’émancipation »

Firoze Manji, éditeur du site pambazuka.org, critique vivement « l’industrie de l’aide, qui entrave la réappropriation par les Africains de leur continent, gangrené par la corruption et le pillage des richesses », a révélé le site d’information alternative Basta !

Embourbés dans le surendettement, les pays dits « en voie de développement » ont droit à des aides au développement qui ne résolvent en rien les problèmes de fond. Selon le Comité pour l’annulation de la dette du tiers-monde (CADTM), « les pays en développement ont remboursé l’équivalent de 102 fois ce qu’ils devaient en 1970, mais entre temps, leur dette a été multipliée par 48 ». En 1970, les pays en développement avaient une dette de 70 milliards de dollars, en 2007, celle-ci est passée à 3.360 milliards de dollars. Cette situation entraîne une dépendance vis-à-vis des créanciers et déstructure l’économie de nombreux pays.

Comme l’a expliqué Firoze Manji, « nous ne pouvons pas dépendre des autres. Les fermiers, les ouvriers doivent être capables de s’organiser. Quand on regarde l’extraordinaire étendue des richesses en Afrique, l’un des continents les plus riches du monde, pourquoi est-ce celui qui abrite la population la plus pauvre ? Notre rôle, en tant que membres de la société civile qui ont bénéficié du privilège de recevoir une éducation, est de combattre cette situation ».

« Une nouvelle forme de colonialisme »

« Nous traitons avec un système impérialiste, une nouvelle forme de colonialisme. Ces vingt dernières années, nous faisons face à un changement majeur : la financiarisation du capitalisme. Personne ne peut plus rien faire sans capital. La finance contrôle tous les secteurs de la société », a interpellé Firoze Manji. Aujourd’hui, les pays africains appellent à l’autodétermination des peuples, mais aussi à la possibilité de s’émanciper financièrement, afin de construire un projet de développement durable et propre aux spécificités africaines.

Sur le plan économique, la Chine est considérée comme une autre alternative aux échanges commerciaux, auparavant dominés par le FMI, les États-Unis et l’Europe. Aujourd’hui, les dirigeants africains désirent commercer librement, sans devoir dépendre des décisions du FMI ou de la Banque mondiale.

Céline Tabou


Les Marocains attaquent les Sahraouis

Le quotidien algérien “El Watan” révèle les propos tenus par les Marocains lors de leur « expédition punitive » contre les militants sahraouis qui témoignent des exactions perpétrées par les Marocains. Certains Marocains « masqués » ont vociféré « Sahara maghribia ! » (Sahara Marocain !). Mardi 8 février, plusieurs dizaines d’individus se faisant passer pour des journalistes « ont pris d’assaut l’enceinte devant accueillir les témoignages de la femme sahraouie. Tels des forcenés, ces personnes ont usé de leurs pieds et de leurs poings pour accéder à la salle et tenter d’empêcher la tenue de la conférence », a révélé le correspondant d’“El Watan”. Désireux de faire taire les Sahraouis, les Marocains interviennent dans toutes les conférences internationales dans lesquelles le peuple du Sahara occidental témoigne des persécutions perpétrées par les forces de l’ordre marocaines, comme ce fut le cas lors du Festival mondial de la jeunesse et des étudiants, où les envoyés du gouvernement marocain font usage de la violence pour annuler les débats.


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