Monde

Face à la démographie croissance, des défis économiques

Chine

Céline Tabou / 2 mars 2011

La Chine compte 1,3410 milliard d’habitants ce qui représente une augmentation de 6% en 2010, ce qui n’est pas suffisant pour enrayer le vieillissement de la population, qui va à terme peser sur les perspectives économiques.

Les chiffres révélés lundi 28 février par le gouvernement montrent que la natalité n’a pas encore atteint les espérances des dirigeants. En effet, avec l’inflation qui pèse sur les ménages et les conséquences de la crise économique et financière, qui réduisent les exportations, Pékin doit rapidement trouver des solutions pour éviter l’accroissement de la pauvreté.

Pénurie de main-d’œuvre

Si le prochain recensement lancé le mois dernier donne des résultats similaires, les économistes prévoient que d’ici la fin 2015, le pays aura 200 millions d’habitants de plus de 60 ans. Ces mesures devraient à un moment ou un autre relancer le débat du contrôle des naissances en Chine, en vigueur depuis 1979. Non seulement la Chine manque de femmes, mais elle va également manquer de main d’œuvre.
Le vieillissement de la population est dû aux progrès de la médecine, à l’amélioration de l‘alimentation, et aux changements de mode de vie. La rapidité de l’urbanisation entraîne des disparités géographiques et sociales, en effet, la population de Pékin va passer de 18,5 millions d’habitants en 2011, à 20 millions en 2020 avec l’arrivée massive des travailleurs migrants, tous les ans.
Et malgré cet exode massif de ruraux vers les grandes villes, la pénurie de main-d’œuvre se fait sentir dans toutes les grandes métropoles (Pékin, Shanghai, Canton, Shenzhen). Compte tenu de ces données démographiques et économiques et des conséquences qu’elles entrainent sur le pays, le gouvernement tente de restructurer son économie et son système social, afin de garder sa place parmi les plus grandes puissances économiques.

Réduire l’inflation

Le gouvernement tente d’enrayer la hausse de l’inflation en poussant à la consommation intérieure privée. En effet, les Chinois sont réputés pour épargner et dépenser peu. Les frais de santé et d’éducation sont les principales raisons de cette épargne. Pour faire face à la crise, et restructurer en profondeur son économie, la Chine a décidé d’augmenter les salaires, et les allocations pour les personnes âgées. En effet, en décembre dernier, Stephen Roach, ancien président de Morgan Stanley Asia avait expliqué que les revenus restaient à un niveau assez faible, ceux-ci « ne représentent que 42% du PIB ». Ce dernier avait également prévenu que « cela ne veut pas dire non plus que le gouvernement chinois doit ignorer le risque d’une inflation plus élevée ».
Lors du dernier trimestre de l’année 2010, le Bureau des Statistiques de Chine avait annoncé que l’Index des prix à la Consommation avait atteint un niveau jamais vu depuis plus de deux ans, à 4,4% (Objectif de 4% pour 2011). Depuis, le taux d’inflation est resté stable, mais le gouvernement tente de réduire au maximum cette hausse des prix afin d’éviter toute contestation et éviter d’augmenter le nombre de pauvres qui s’élève déjà à 150 millions en Chine.
Devenue la deuxième économie mondiale à la place du Japon en 2010, le PIB brut a atteint 5.878,6 milliards de dollars contre 5.474,2 milliards pour le Japon. Ce positionnement a poussé Pékin à la prudence et rappelé qu’il restait encore de nombreux domaines rencontrant des difficultés, nécessitant des réformes.

Céline Tabou


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