Monde

Forum mondial de l’eau : quelques perspectives

L’eau potable à volonté au robinet reste un privilège

Céline Tabou / 14 mars 2012

Près de 20.000 spécialistes des ressources aquifères sont réunis à Marseille pour le 6ème Forum mondial de l’eau (FME) du 12 au 17 mars. En vue du Sommet sur le Développement durable, organisé par les Nations unies en juin à Rio de Janeiro (Brésil), plusieurs tables rondes y sont consacrées.

Pour la première fois, évaluations et constats ne seront pas les seuls résultats de ce forum co-organisé par la France et le Conseil mondial de l’eau. Face à l’urgence de la situation environnementale, économique et sociale du monde, le but est d’assurer l’accès de l’humanité à l’eau potable et à des sanitaires décents alors que les ressources diminuent et sont menacées par le changement climatique et les pollutions.

Les organisations non gouvernementales lancent chaque année un appel sur l’importance vitale de l’eau potable, de l’assainissement et de l’hygiène. Les ravages causés par l’eau insalubre parmi les populations de pays pauvres victimes de conflit ou de catastrophe naturelle sont de plus en plus alarmants. Les conséquences sont désastreuses, mais le principal fléau dans ce domaine reste la diarrhée, a expliqué Alain Boinet, directeur général et fondateur de Solidarités International, dans “Le Monde”. Cette maladie est mortelle dans les pays pauvres, où près de 1,5 million d’enfants de moins de 5 ans en sont victimes chaque année.

Moins d’eau potable

La demande en eau dans le monde progresse plus vite que l’augmentation de la population, mais la production d’énergie s’octroie une part croissante des ressources d’eau disponibles alors que le changement climatique exerce localement de nouvelles pressions sur les pratiques agricoles. L’Organisation mondiale de la santé et l’UNICEF s’alarment du manque d’indicateurs précis sur la qualité de l’eau à l’échelle mondiale.

Gérard Payen, président de l’Aquafed, opérateur privé de service d’eau et l’un des conseillers sur l’eau du secrétaire général de l’ONU, a indiqué à l’“Agence France Presse” qu’« entre 3 et 4 milliards de personnes n’ont pas accès de façon pérenne à l’eau et elles utilisent tous les jours une eau de qualité douteuse, c’est plus de la moitié de la population mondiale ». 3,8 milliards de personnes ont accès à l’eau du robinet, mais 1 milliard n’ont l’eau que quelques heures par jour, voire quelques jours par semaine, a indiqué Gérard Payen. L’Objectif du millénaire de réduire de moitié d’ici 2015 le nombre d’habitants sans eau potable par rapport à 1990 a certes été atteint avant terme, mais de peu, 89% contre 88% prévu. L’objectif est maintenant de trouver des alternatives pour pouvoir fournir de l’eau potable.

Priorité à l’assainissement durable

Pour la première fois, les délégations gouvernementales devraient s’informer et débattre sur la question de l’"assainissement durable", pas seulement comme thématique de l’hygiène et de la santé, mais également de la protection des écosystèmes. Plus de 80% des eaux usées dans le monde ne sont ni collectées, ni traitées.

Près de 2 milliards de personnes à travers le monde dépendent de nappes phréatiques, qui comprennent 273 systèmes aquifères transfrontaliers, et 60% des 276 bassins fluviaux transfrontaliers de la planète ne possèdent pas de cadre de gestion coopérative, selon le rapport de l’UNESCO publié lundi 12 mars, cité par “Le Monde”. L’assainissement durable demande une volonté politique de la part des gouvernements, qui doivent aménager leur territoire et investir dans des infrastructures pour gérer les déchets liquides rapidement.

Céline Tabou


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