Monde

François Hollande parle économie à Pékin

Le président français reçu par Xi Jinping

Céline Tabou / 27 avril 2013

La rencontre entre François Hollande et le président chinois Xi Jinping s’est orientée sur des questions d’économie et d’équilibre commercial. La visite de 37 heures de chef de l’État français s’est clôturée sous le signe du commerce et de la croissance.

Xi Jinping a souhaité une Europe plus ouverte aux produits et investissements chinois et a rappelé un proverbe français : « Vieille amitié ne craint pas la rouille », selon la “Dépêche du Midi”. De son côté, le président français a assuré que « tous les obstacles, tous les freins » aux investissements chinois en France « seront levés ».

Lever les obstacles aux Chinois

« Nous espérons que la France travaillera à faciliter les investissements chinois » en Europe, a déclaré Xi Jinping, lors du Forum économique à Pékin. En réponse, « Tous les obstacles, tous les freins, toutes les procédures seront levés. Nous sommes prêts à accueillir davantage d’investissements chinois en France », a assuré François Hollande. Ce dernier a également souhaité que les entreprises chinoises en France créent davantage d’emplois au-delà des 11.000 déjà existants.

Le montant global mondial des investissements chinois à l’étranger s’élèvera à 500 milliards de dollars au cours des cinq prochaines années, a indiqué le président chinois. Dans un tel contexte et face aux opportunités qu’offre la Chine, la déclaration de Xi Jinping : « La Chine est prête à importer davantage de produits français » a été bien accueilli par les Français. Mais la France devra intervenir auprès de Bruxelles pour qu’elle « lève les restrictions à l’exportation sur les produits de haute technologie vers la Chine ».

L’an dernier, ces investissements en Europe s’étaient élevés à 77 milliards de dollars, avec une progression de 28,6% sur 1 an. François Hollande a affirmé que le « protectionnisme n’était pas une solution », malgré un déficit commercial de la France avec la Chine de près de 26 milliards d’euros. « Comment résorber ce déséquilibre ? Par le protectionnisme ? Clairement, non », a dit le président français aux médias présents à Pékin.

Une politique d’achat « juste et impartiale »

Xi Jinping a expliqué que son gouvernement poursuivait « une politique d’achats juste et impartiale », au moment où les affaires portées à l’Organisation mondiale du Commerce s’accumulent. En effet, de nombreuses entreprises européennes et américaines en Chine dénoncent régulièrement les difficultés d’accès aux marchés publics chinois. Le président chinois a également indiqué qu’au-delà « des domaines traditionnels du nucléaire, de l’aéronautique, de l’automobile », la coopération économique franco-chinoise s’étend désormais « aux économies d’énergie et à la protection de l’environnement, à l’agroalimentaire, à la santé et à l’économie numérique ».

La Chine n’a pas commandé de nouveaux réacteurs de troisième génération, mais a signé une lettre d’intention sur la construction d’une usine de traitement du combustible usé, une technologie française dont ne disposent pas les Chinois qui souhaitent maîtriser à terme l’ensemble du cycle.

Sur le plan diplomatique, « Nous avons besoin de rapprocher nos deux sociétés, y compris pour parler des sujets qui peuvent nous différencier, nous séparer, et ça a été le cas dans l’entretien que j’ai eu avec le Président Xi Jinping » dans « le respect » et « la franchise », a déclaré François Hollande à l’évocation des droits de l’Homme. Ce dernier a précisé que toutes les questions de la dissidence, du Tibet, du Japon et de la Corée « ont été évoquées », mais avec « la volonté de ne pas parler que de cela », car « ce n’était pas le seul but de ce déplacement ».

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