Monde

Grève générale au Brésil

Des structures organisées entrent dans le mouvement

Céline Tabou / 12 juillet 2013

Les cinq grands syndicats brésiliens et le Mouvement des sans-terres ont organisé jeudi 11 juillet une « journée de lutte nationale ». Ces derniers demandent une réduction du temps de travail, une revalorisation des retraites et l’arrêt de la privatisation du pétrole.

« C’est la première fois dans l’histoire du Brésil que nous manifestons ensemble. C’est important pour que la présidente Dilma Rousseff réponde à nos demandes », a déclaré à l’Agence France Presse, le président de FS, Paulo Pereira da Silva alias "Paulinho".

À São Paulo, mégapole de 20 millions d’habitants, 35 quartiers de la ville et de la banlieue ont vu descendre les habitants dans les rues. Dans d’autres grandes villes comme à Salvador de Bahia, Porto Alegre, Belo Horizonte, Curitiba, Florianopolis ou Manaus, les transports en commun ont été arrêtés et plusieurs écoles étaient fermées. De plus, certains hôpitaux ne traitaient que les cas d’urgence.

Les dockers du port de Santos (État de São Paulo) ont paralysé provisoirement mercredi toutes les activités, de ce plus grand port d’Amérique latine. Les syndicats des dockers refusent le décret présidentiel de juin 2013, établissant de nouvelles règles pour les concessions des ports publics et les autorisations d’ouverture de ports privés.

Une fronde sociale sans précédent

En juin, des centaines de milliers de jeunes étaient descendus dans les rues pour protester contre la corruption de la classe politique. Ces derniers demandaient un plan d’investissement plus important dans les services publics (transport, santé, éducation) et dénonçaient les importantes dépenses mises dans l’organisation de la Coupe du monde de football de 2014. Cette fois-ci, les manifestations spontanées issues des réseaux sociaux se veulent apolitiques, rejetant tous les partis politiques.

De son côté, la présidente du Brésil Dilma Rousseff a annoncé mercredi 10 juillet, une augmentation d’1,325 milliard de dollars américains au budget des municipalités pour renforcer les services de santé et le secteur éducatif. Cette dernière a également annoncé une augmentation des dépenses de l’État pour les soins de santé de base, pour atteindre 265 millions de dollars sur l’année et une enveloppe d’1,325 milliard de dollars pour construire 2.000 garderies.

En dépit de ces annonces, les manifestants tiennent à l’application de leurs revendications : réduction du temps de travail à quarante heures par semaine sans réduction de salaire ; réduction des prix des transports publics de qualité ; 10% du PIB consacré à l’éducation ; 10% du budget de l’État consacré à la santé ; et mise en place d’une réforme agraire et bien entendu une réforme politique. Seule la Centrale unique des travailleurs (CUT), le plus important des syndicats fondés dans les années 1980 par l’ancien président Luiz Inacio Lula da Silva, défend le référendum voulu par la présidente, comme réponse à la rue, pour une grande réforme politique.

Céline Tabou


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