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Haïti : des raisons financières suspendent les évacuations sanitaires vers les Etats-Unis

Incroyable mais vrai

Témoignages.re / 1er février 2010

Plus de transfert vers les Etats-Unis des blessés avant que ne soit clarifiée la question du paiement des soins. Cette situation incroyable est la réalité depuis mercredi. Ceci souligne le sous-développement du système de soins aux Etats-Unis : il faut d’abord payer pour être soigné.

Depuis mercredi, aucun blessé du séisme en Haïti n’a été évacué vers les États-Unis. « Les vols ont cessé », a déclaré le capitaine Kevin Aandahl, porte-parole du commandement de Transport chargé de gérer les vols médicaux d’urgence.
Il a toutefois précisé que les États-Unis maintiennent toujours leurs installations médicales aussi bien en Haïti qu’en mer (les bateaux-hôpitaux).
La suspension des évacuations est due à des raisons financières. Selon le capitaine Aandahl, certains États, dont la Floride, ont fait appel à l’aide fédérale pour prendre en charge les soins des blessés.

Dans le “New-York Times”, un porte-parole du gouverneur de Floride, Charlie Crist, reconnaît que la demande d’aide adressée au gouvernement fédéral a pu provoquer une certaine « confusion ». Ce dernier a demandé un concours financier mercredi au pouvoir central et à d’autres États. « Le système sanitaire de Floride approche rapidement de la saturation, en particulier dans les services de traumatologie. Nous ne pourrons pas assumer seuls la poursuite de cet effort », a-t-il expliqué dans une lettre adressée au gouvernement fédéral, réclamant en outre la garantie que les soins seront payés aux hôpitaux d’accueil. Le gouverneur n’a pas précisé le coût pour son Etat des soins des Haïtiens, mais ce chiffre pourrait atteindre plusieurs millions de dollars d’après le “New-York Times”.

La demande du gouverneur de Floride ne précise pas combien leur coûtent les soins médicaux, mais le nombre et la complexité des cas laissent présager que le montant se comptera en millions de dollars. Cette dépense survient dans une période de crise économique pour l’Etat de Floride. De plus, son gouverneur est en rude compétition pour une place au Sénat.
Plus de 500 victimes du séisme ont été hospitalisées en Floride. Les services médicaux d’États voisins ont également accueilli des blessés.
Un porte-parole de l’armée américaine a expliqué que certains Etats refusaient d’accueillir des blessés, et qu’aucun blessé ne pouvait être évacué sans un hôpital d’accueil préalablement défini. Il n’a pas souhaité préciser le nom de ces Etats réfractaires.
Il a estimé à « sans doute une douzaine, en tout cas pas beaucoup », le nombre de vols d’évacuation opérés par l’armée américaine depuis le 12 janvier, date du séisme.

Dans un hôpital de campagne établi sur l’aéroport de Port-au-Prince, Betina Joseph, une enfant de 5 ans affectée par le tétanos, attendait d’être évacuée samedi, ce dont ses médecins faisaient une question de vie ou de mort. Le docteur Barth Green, président d’un institut médical dépendant de l’Université de Miami, présent à Haïti avec les secours internationaux, estime que « 100 patients dans un état critique mourront d’ici deux jours s’ils ne sont pas évacués » vers les Etats-Unis pour être traités.


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