Monde

Hausse du chômage en Europe l’an prochain

Prévisions de la Commission européenne

Céline Tabou / 10 novembre 2012

D’après la Commission européenne, « les perspectives à court terme restent fragiles pour l’économie de l’Union européenne et de la zone euro, la croissance devrait progressivement revenir en 2013 et se renforcer en 2014 ».

La Commission européenne a publié, le 7 novembre, ses prévisions économiques d’automne sur le produit intérieur brut (PIB), l’inflation, l’emploi et les finances publiques pour 2012-2014. Les économistes ont indiqué que les conséquences de la crise économique et financière pèseraient toujours sur l’économie européenne, mais celle-ci devrait commencer à se redresser peu à peu début 2013.

« Stabiliser l’économie européenne »

Le PIB réel devrait se contracter de 0,3% dans l’UE et de 0,4% dans la zone euro en 2012. La Commission européenne a salué les efforts réalisés par les gouvernements à travers des mesures drastiques destinées à réduire les déficits publics et relancer la croissance. L’UE a estimé un retour progressif à la croissance en 2013, avec une augmentation du PIB de 0,4% dans l’UE, et de 0,1% dans la zone euro. La commission a évoqué des écarts de croissance importants selon les pays, mais certaines devraient redevenir compétitives. De plus, les réformes structurelles, imposées en grande partie par la troïka dont fait partie la commission, devraient déboucher sur une expansion économique plus marquée et mieux répartie en 2014, où la croissance devrait atteindre 1,6% pour l’UE et 1,4% pour la zone euro.

En dépit des réformes structurelles et conjoncturelles mises en place par les gouvernements, la commission a admis qu’en raison de la faible activité économique, « le chômage devrait s’élever à 10,5% dans l’UE et 11,3% dans la zone euro en 2012, pour atteindre un pic de 10,9% dans l’UE et 11,8% dans la zone euro en 2013, avant de reculer légèrement en 2014 ». Olli Rehn, commissaire chargé des affaires économiques et monétaires, a expliqué que «  Selon nos projections, les perspectives de croissance de l’Europe devraient s’améliorer progressivement à partir du début de l’année prochaine. Des décisions politiques importantes ont jeté les bases permettant d’accroître la confiance ». Ce dernier a expliqué que les «  tensions se sont apaisées sur le marché, mais il est trop tôt pour s’en réjouir ». En effet, la commission souhaite que les pays européens (UE et zone euro comprit) continuent à allier leurs politiques budgétaires «  saines  » et des réformes structurelles afin «  de créer les conditions qui permettront une croissance durable, capable de réduire le chômage par rapport aux niveaux élevés actuels, qui sont inacceptables  ».

Baisse des prévisions économiques pour la zone euro

Olli Rehn a expliqué lors d’une conférence de presse, le 7 novembre, que « les larges déséquilibres intérieurs et extérieurs qui s’étaient accumulés dans les années précédant la crise sont en train d’être réduits, mais ce processus pèse sur la demande domestique dans certains pays, et l’activité économique diverge de façon significative en fonction des États membres ». Les pays baltes s’en sortent mieux que les autres états membres, notamment la Pologne et la Slovaquie qui enregistrent une croissance supérieure à 2%. À l’inverse, certains pays comme la Grèce s’enfoncent dans la récession, avec un PIB contracté de 6% en 2012. De son côté, l’Espagne enregistre un PIB de -1,4%, le Portugal de -3,0% et l’Italie de -2,3%. D’autres pays devraient enregistrer cette année une croissance proche de zéro, comme l’Irlande (0,4%) et l’Allemagne (0,8%). La Belgique devrait voir son PIB se contracter de -0,2%, tout comme le Royaume-Uni avec -0,3%.

Pour la France, la Commission Européenne prévoir une croissance du PIB, qui ne devrait pas dépasser 0,4% en 2013. Ces prévisions sont moins optimistes que celles du gouvernement à 0,8%. La Commission prévoit un dépassement du déficit public de plus de +3% en 2013 mais également en 2014. En réponse, Paris a maintenu son hypothèse de croissance du PIB, le ministre délégué chargé du Budget, Jérôme Cahuzac, a indiqué que «  Bruxelles ne tient pas assez compte de ce que l’on a fait. Elle ne tient pas compte de la loi des finances que nous avons adoptée. De plus, la Commission n’avait pas vu venir les crises. Elle ne voit peut-être pas venir la reprise » .

Céline Tabou


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