Monde

Hong Kong sous tension depuis deux mois

Manifestations

Céline Tabou / 2 décembre 2014

Plusieurs milliers de manifestants pro-démocratie sont parvenus à faire fermer le siège de l’exécutif de Hong Kong lundi 1er décembre, après une nuit d’affrontements avec les forces de police.

Suite à cela, le chef du gouvernement local de Hong Kong a affirmé le même jour que la poursuite des manifestations du mouvement pro-démocratie était devenue "intolérable". La police du territoire a repoussé par la force les militants pro-démocratie qui tentaient dans la nuit de dimanche d’encercler le siège du pouvoir, provoquant des heurts considérés comme les plus sérieux depuis le 28 septembre.

Vers de nouvelles opérations policières

Le chef de l’exécutif Leung Chun-ying a laissé entendre qu’il allait lancer de nouvelles opérations policières d’ici peu de temps. Ce dernier a réitéré que "Occupy Central était non seulement illégal mais aussi voué à l’échec". Leung Chun-ying, a également prévenu que la "tolérance" de la police ne devait pas être prise pour un "signe de faiblesse". La population "demande de plus en plus à la police de disperser" les manifestants. "Dorénavant, elle appliquera la loi sans hésitation" a-t-il assuré.
Les leaders étudiants se sont félicités de l’action de dimanche soir, assurant que "le siège du gouvernement était paralysé ce matin", s’est félicité Alex Chow, de la Fédération des étudiants de Hong Kong. "Dans une certaine mesure, le but a été atteint". Outre le siège du gouvernement de la "région administrative spéciale" de Hong Kong, le bâtiment du Conseil législatif et des dizaines de boutiques sont restés fermés lundi matin.
Les manifestants se sont heurtés aux forces de l’ordre, qui les ont repoussé en faisant "un usage minimal de la force en (les) aspergeant d’eau, de gaz au poivre et de bâtons", a assuré un haut gradé de la police, Tsui Wai-hung. Cependant, la police a été accusée de recours excessif à la force, en faisant usage de coups de matraques.
Certains manifestants ont affirmé que la police les avait attaqués sans motif valable tandis que d’autres exprimaient leurs doutes quant à l’utilité de l’action entreprise, a indiqué l’agence de presse Reuters. De leurs côtés, les manifestants avaient lancé des bouteilles, des casques et même des parapluies, devenus le symbole du mouvement démocratique.

Pour l’élection de 2017

Les manifestants sont mobilisés depuis plus de deux mois. Ils exigent la tenue d’une élection libre et ouverte en 2017 afin de choisir le prochain chef de l’exécutif, ces derniers refusent la présélection faite par Pékin parmi des candidats. En effet, Pékin a approuvé le principe "une voix, un vote" pour la prochaine élection du chef de l’exécutif en 2017.
Le gouvernement continental chinois a réservé à un comité de grands électeurs majoritairement favorable au Parti communiste chinois le soin de présélectionner les candidats, ce que refusent les manifestants. Depuis le mois de novembre, Pékin avait annoncé qu’elle resterait ferme face aux manifestants, et compte sur l’épuisement du mouvement. Une situation qui pourrait arriver, après le démantèlement d’un troisième campement des contestataires, situé à Mongkok, dans la partie continentale de Hong Kong.
Les protestataires redoutent que les autorités ne réservent le même sort au site d’Admiralty, où des centaines de tentes sont encore installées. Sur place, la colère a laissé place au découragement. Eppie Chan, étudiante, a expliqué à l’Agence France Presse, que "nous ressentons plusieurs choses à la fois (..) de la colère, de la fatigue, de la tristesse".
En plus de la lassitude des sept millions d’habitants, le manque de perspectives de la contestation pèse sur les manifestants. D’autant qu’une seule séance de négociations a été organisé entre les manifestants et les autorités locales, sans aucun résultat concret. Désormais, personne ne s’attend à ce que la Chine cède d’un pouce aux exigences des protestataires, a conclu l’AFP.


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