Monde

Kiev rejette le plan de paix de l’OCSE

L’OCSE propose un cessez-le-feu, le désarmement, et 1000 observateurs pour veiller à la sincérité de l’élection présidentielle en Ukraine

Manuel Marchal / 12 mai 2014

Le 8 mai dernier, le président de la Russie, Vladimir Poutine, avait demandé le report du référendum organisé hier dans l’Est de l’Ukraine. Cette déclaration faisait suite à une rencontre avec le président de l’OCSE au cours de laquelle un plan de paix a été proposé. L’OCSE propose un cessez-le-feu, le désarmement et le déploiement de 1.000 observateurs pour veiller à la sincérité de l’élection présidentielle du 25 mai en Ukraine. Plan rejeté immédiatement par les putschistes. Motif : « Les mesures proposées par l’OSCE sont différentes de celles suggérées par Kiev ».

Il avait été question voici deux semaines de l’OCSE. Le 27 avril, plusieurs "observateurs militaires" de l’OCSE et des soldats ukrainiens sont fait prisonniers près de Slaviansk, une ville en rébellion contre le pouvoir de Kiev. Selon leurs ravisseurs, ces personnes étaient des "espions de l’OTAN". La capture de ces membres de l’OCSE était une des justifications du lancement de l’offensive militaire dans l’Est du pays. Elle a continué après leur libération le 3 mai suite à la médiation de la Russie.

Manifestement, l’OCSE doit donc être une organisation très importante aux yeux de Kiev, pour que la capture de personnes susceptibles de travailler pour cette organisation soit un des prétextes à l’utilisation d’armes de destruction.

Le 7 mai dernier, le président de l’OCSE était en visite à Moscou. Il a rencontré Vladimir Poutine, président de la Russie. Cela a permis de réaffirmer le plan de paix proposé par l’Organisation pour la coopération et la sécurité en Europe : « Le cessez-le-feu ; le désarmement, que l’OSCE serait prête à financer en créant un fonds spécial ; l’établissement d’un dialogue grâce aux tables rondes avec la participation de tous les intéressés ; et l’organisation de l’élection présidentielle dont la transparence et l’honnêteté seront garanties par un millier d’observateurs de l’organisation ».

Les putschistes de Kiev ont immédiatement rejeté ce plan. Pour les représentants du gouvernement mis en place par un coup d’État, « les mesures proposées par l’OSCE sont différentes de celles suggérées par Kiev, qui mettent l’accent sur le retrait des commandos russes et la cessation de leur financement ».

Cessez-le-feu, dialogue et transparence sur les élections du 25 mai sont autant de propositions qui visent à apaiser la situation. Et elles viennent d’une organisation internationale. Cela amène à se demander si le pouvoir à Kiev veut vraiment la paix.

 M.M. 



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  • En la matière, il n’est pas simple de trier qui et qui et quelles sont les intentions profondes de chacun. En tout état de cause, personne n’est blanc ou noir dans cette crise.
    Cependant, il ressort de ce dernier développement que les Ukrainiens, qui par ailleurs se posent en victimes, ne soient pas vraiment disposés à déposer les armes.
    Il auraient pu accepter la proposition de l’OSCE tout en demandant que soit ajouté le retrait des commandos russes.

    Dans un autre ordre d’idée, la Russie, intéressée surtout par la Crimée et ses ports, sera encline à accepter l’offre de l’OSCE et passer pour un bon élève.

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