Monde

Kiev satisfait des sanctions

La tension perdure dans l’Est de l’Ukraine

Céline Tabou / 18 juillet 2014

L’Union européenne et les Etats-Unis ont décidé de durcir les sanctions contre la Russie en raison de la crise en Ukraine, mercredi 16 juillet. Ces mesures n’ont pas de réel impact sur le plan économique.

Réunis en sommet à Bruxelles, les dirigeants européens ont décidé de geler les programmes menés en Russie par la Banque européenne d’investissement (BEI) et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD).

Le pétrole et le gaz visés

Le président Barack Obama a décidé de cibler le géant russe des hydrocarbures, Rosneft, en gelant ses éventuels avoirs aux Etats-Unis et les entreprises américaines ne seront plus autorisées à mener des transactions avec cette société. Les sanctions visent aussi la banque du géant gazier russe Gazprom, Gazprombank, ainsi que les autorités séparatistes de Donetsk et de Lougansk, qui tentent de faire sécession dans l’Est de l’Ukraine.
La banque publique russe VEB, qui compte le Premier ministre russe Dmitri Medvedev parmi ses dirigeants, figurent également parmi les nouvelles cibles américaines. « Ce que nous attendons, c’est que les dirigeants russes se rendent compte une fois de plus que leurs agissements en Ukraine ont des conséquences, notamment l’affaiblissement de l’économie russe et un isolement diplomatique croissant », a déclaré Barack Obama lors d’une courte allocution à la Maison Blanche.
L’Union Européenne a pour sa part décidé de cibler des « entités » russes, accusées de soutenir « matériellement ou financièrement » les actions menaçant ou remettant en cause la souveraineté de l’Ukraine. Après avec interdit la délivrance de visas et geler les avoirs de plus de 70 personnalités russes et ukrainiennes, les dirigeants européens ont décidé de lever l’embargo imposé sur les exportations vers l’Ukraine d’équipements sécuritaires de protection comme les casques et les gilets pare-balles.

« Faire preuve de fermeté »

Avant l’annonce de ces sanctions, le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, avait expliqué que les dirigeants européens voulaient essentiellement « faire preuve de fermeté tout en maintenant le dialogue ». De son côté, la chancelière Angela Merkel a estimé que la Russie « n’avait pas suffisamment satisfait » les attentes pour apaiser la situation en Ukraine, selon son porte-parole Steffen Seibert.
Ces sanctions interviennent après l’offensive diplomatique de Kiev pour obtenir de nouvelles sanctions contre la Russie, accusée de soutenir les séparatistes armés dans l’Est. Le ministère ukrainien des Affaires étrangères avait d’ailleurs souligné que « des combattants et des armes » continuaient toujours d’arriver de Russie dans l’Est.
Pour sa part, le président ukrainien Pétro Porochenko s’est félicité de ces nouvelles sanctions européennes, saluant « un pas important dans le soutien à la souveraineté, l’intégrité territoriale et l’indépendance de l’Ukraine ».

Une confrontation russo-ukrainienne

Malgré cela, la tension perdure, les combats se poursuivent, particulièrement autour de Donetsk et Lougansk. Ce conflit armé continue au moment même où des centaines d’habitants de Donetsk ont été évacués en bus par les insurgés la ville pour se rendre en Russie, selon l’AFP. « J’espère revenir un jour à la maison, mais pour l’instant ce n’est plus possible de vivre là, ils nous bombardent » a déclaré Viktor Gontcharov, 67 ans, de Krasnogorivka, localité à l’ouest de Donetsk, touchée par des tirs de lance-roquettes multiples ces derniers jours.
Les efforts diplomatiques menés par l’Allemagne et la France sont toujours dans l’impasse depuis plusieurs jours. Si bien que deux dirigeants rebelles ont annoncé mercredi 16 juillet à Donetsk qu’une visioconférence du « groupe de contact » sur l’Ukraine (OSCE, Ukraine, Russie) se tiendrait avec la participation des pro-russes hier soir ou ce soir. Mardi 15 juillet, l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) avait déploré la tenue de cette réunion, rejetant la responsabilité sur les rebelles, selon l’Agence France Presse.
De son côté, l’Ukraine a affirmé qu’un missile tiré de Russie avait abattu lundi un de ses avions de transport militaire An-24, sans que Moscou ne réagisse. Pour sa part, les autorités russes ont accusées les ukrainiens d’être à l’origine d’un tir d’obus qui a fait un mort dimanche dans une ville frontalière russe. Le conflit a fait plus de 600 morts en trois mois.

Céline Tabou


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