Monde

L’appel à l’aide de l’Espagne

Crise en Europe

Céline Tabou / 7 juin 2012

Après avoir refusé toute aide de la troïka et intervention comme en Grèce, Irlande et au Portugal, le gouvernement de Mariano Rajoy a demandé à l’Europe « d’aider les pays en difficulté ». L’appel à un sauvetage bancaire semble imminent, car le pays n’a plus accès aux marchés et se trouve dans une situation extrême.

Cette déclaration intervient alors que la Commission européenne a dévoilé, le 6 juin, un projet de résolution des crises bancaires, et où la crise des banques était au cœur de la réunion, du 5 juin, des ministres des Finances des pays du G7.
Mariano Rajoy, chef du gouvernement espagnol, a expliqué devant le Sénat que « l’Europe doit dire où elle va, pour se donner de l’unité, elle doit dire que l’euro est un projet irréversible qui n’est pas en péril, elle doit soutenir les pays en difficulté ». Ce dernier a indiqué que « le plus urgent, pour nous, le plus important, c’est notre problème de financement, de liquidités, et de soutenabilité de la dette ».
D’après les économistes, depuis que la Banque Centrale Européenne a cessé de racheter de la dette, l’Espagne a vu son taux d’emprunt augmenté considérablement, notamment sur les marchés obligataires. Le Trésor espagnol emprunte à 6,23% à 10 ans, contre 1,20% pour l’Allemagne, soit une prime de risque record de 500 points de base.
Quatrième économie de la zone euro, l’Espagne refuse un sauvetage souverain, comme cela est le cas pour la Grèce. Ne voulant pas perdre sa souveraineté, le gouvernement considère inutile d’être mis à l’abri « des marchés financiers pendant trois ans », car cela « nécessiterait 600 milliards d’euros et l’Europe ne les a pas », a indiqué un responsable politique à Madrid. En effet, le Mécanisme européen de stabilité (MES) ne dispose que de 750 milliards d’euros de capacité de prêts, et ne pourra pas soutenir financièrement le secteur bancaire espagnol.
De son côté, me ministre du Budget, Cristobal Montoro, a indiqué que le pays était en train d’équilibrer son budget, « revenir à la stabilité budgétaire à travers la réforme de la Constitution, assainir le secteur bancaire, améliorer les relations de travail, nous n’avons pas besoin » d’une aide extérieure. Ce dernier a ajouté que le pays « a besoin de davantage d’Europe, de mécanismes permettant l’intégration européenne. (…) Nous comprenons que notre avenir est en Europe, dans l’euro. Et nous devons miser clairement sur le fait que les institutions prennent des décisions ».
Pour éviter toute ingérence souveraine, Madrid souhaite que le MES, soit autorisé à recapitaliser directement les banques espagnoles, de manière ponctuelle.

Céline Tabou


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