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L’économie de la première puissance mondiale suspendue à un accord entre deux partis

États-Unis : à 4 jours du 31 décembre, le Budget 2013 n’est toujours pas voté

Céline Tabou / 27 décembre 2012

A l’instar de l’année dernière, le gouvernement américain est en proie à des négociations tendues entre les démocrates et les républicains sur la politique budgétaire. En effet, les États-Unis ont jusqu’au 31 décembre pour trouver un accord avant d’aller droit dans le « mur budgétaire » ou « falaise fiscale », comme le disent les commentateurs.

A l’heure actuelle, la dette publique du pays est supérieure à 16.000 milliards de dollars du PIB. Le PIB américain chuterait de 1,7% en 2013, la cure de rigueur budgétaire forcée prévue par la législation actuelle ramènerait le déficit à 4,0% du PIB en 2013, contre 7,6% en 2012, selon le Bureau du budget du Congrès.

Éviter le « mur budgétaire »

Le « mur budgétaire » (fiscal cliff) est un terme lancé par le patron de la FED, Ben Bernanke, il y a plus de 10 ans. En 2001, George W. Bush baisse les impôts pour l’ensemble de la population jusqu’en 2011. Cependant, le pays entre en pleine récession, en raison des dépenses militaires (2nde Guerre du Golfe, lutte anti-terrorisme). Pour pouvoir faire face à cette récession, le gouvernement décide d’augmenter le plafond de la dette, pour emprunter davantage.

Le compromis devait être temporaire, remonter le plafond et prolonger les baisses d’impôts. Aujourd’hui, la crise économique et financière internationale contraint le pays à renégocier un accord similaire.

Le blocage entre les deux partis du pays persiste depuis des semaines. John Boehner, chef de la majorité républicaine à la Chambre et négociateur du parti, a proposé un « plan B » , acceptant une hausse d’impôt pour les personnes ayant un revenu au-dessus de 1 million de dollars, et non pas 250.000, comme le proposent les démocrates. Au lieu des 2% des Américains imposables, ce seront 0,3% d’entre eux, chose que les démocrates ont du mal à accepter, et pourraient, une fois le vote passé, remettre sur la table, à travers une loi. Face aux tensions, Barack Obama a proposé que les indemnités de chômage continuent à être versées après le 1er janvier, et que les impôts n’augmentent pas pour les classes moyennes.

« C’est quelque chose que nous pouvons résoudre, cela ne demandera pas tant d’efforts, il nous faut juste faire le nécessaire », a affirmé Barack Obama lors d’une intervention à la Maison Blanche, au lendemain de l’échec d’un plan de secours républicain à la Chambre des représentants censé empêcher le pays de s’écraser contre le « mur budgétaire ».

Une cure d’austérité immédiate

Si aucun n’accord n’est pris, des hausses d’impôts généralisées seront automatiquement mises en place et des coupes seront immédiates dans le budget de la Défense (pour faire peur aux républicains) et au sein des programmes sociaux (pour effrayer les démocrates). Pour les familles, le désaccord pourrait être désastreux. En plus d’une hausse des impôts pouvant aller jusqu’à 3.500 dollars par an pour une famille type, la quasi-totalité des secteurs verrait une baisse automatique des dépenses de plusieurs centaines de milliards de dollars, qui affecterait tous les secteurs, particulièrement dans les domaines de la santé et l’aide sociale.

Selon les dernières estimations du Bureau du budget du Congrès (CBO), publiées au début du mois, le « mur budgétaire » ferait reculer le PIB américain de 0,5% en 2013 et pourrait entraîner une remontée du chômage à 9,1% l’an prochain (contre 7,9% aujourd’hui), a noté l’“Agence France Presse”.

Pour Peter Morici, professeur d’Économie à l’Université du Maryland, les conséquences du mur budgétaire pourraient s’avérer « désastreuses » : « envol du chômage au-dessus de 15%, effondrement financier des États fédérés, défaillances en série d’emprunteurs immobiliers et faillites de centaines de banques ».

Céline Tabou


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