Monde

L’Ecosse ne sera pas indépendante mais autonome

Après le résultat du référendum du 18 septembre

Céline Tabou / 20 septembre 2014

Les Ecossais ont voté à 55,3% contre l’indépendance. En dépit de ce vote, Londres devra appliquer les promesses faites lors de la campagne. Le Premier ministre britannique, David Cameron, a promis de nouvelles libertés aux quatre nations du Royaume-Uni : l’Angleterre, l’Ecosse, l’Irlande du Nord et le Pays de Galles.

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La question de l’indépendance a divisé, ce sera l’autonomie pour l’Ecosse. (photo Brian McNeil)

A l’annonce des résultats, jeudi 18 septembre, le leader des indépendantistes, Alex Salmond, a reconnu sa défaite : « J’accepte le verdict démocratique du peuple écossais ? », a annoncé le Premier ministre écossais. Il s’est également félicité du taux de participation record (84,6%), saluant « ?un triomphe de la démocratie ».

Renouer les liens

Malgré cette victoire du « oui », la nation écossaise est profondément divisée. Glasgow, la plus grande ville écossaise, a voté « oui » à 53%. La capitale, Edimbourg a voté massivement à 61%, « non ». La ville de Dundee, à une soixantaine de kilomètres au Nord d’Edimbourg, surnommée « Yes city », a voté comme prévu en faveur de l’indépendance, tandis qu’à Aberdeen, capitale de l’industrie pétrolière sur la côté Est, le vote a été « non » à 59%.

David Cameron devra réconcilier ces électeurs qui se sont affrontés mais il devra surtout respecter son engagement d’une méga-décentralisation avec des pouvoirs accrus au Parlement d’Edimbourg. Les trois principaux partis britanniques ont promis que les négociations commenceraient dès l’annonce des résultats. Le calendrier inclut une vaste consultation et des propositions présentées à la fin du mois d’octobre, suivies de la publication assez ambitieuse d’un programme, dès la fin du mois de novembre.

Dans un allocution télévisée, le Premier ministre britannique a assuré que ’le peuple d’Ecosse a parlé, il a décidé de préserver notre pays composé de quatre nations et comme des milliers d’autres, j’en suis très heureux. Il est désormais temps d’aller plus loin et de dire à tous ceux qui ont voté pour l’indépendance : nous vous avons entendu. Nous avons désormais une chance de changer la façon dont le peuple britannique est gouverné. Les trois partis en faveur de l’union se sont engagés à accorder plus de pouvoir au Parlement écossais, nous nous assurerons que ces engagements seront pleinement honorés ».

De nouveaux pouvoirs

Un projet de loi sera d’ailleurs présenté dans quelques mois, après une période de concertation. Il devrait concerner le Pays de Galles, l’Irlande du Nord et l’Angleterre. Sans donner les détails de ce transfert de pouvoirs, il est certain que des pouvoirs supplémentaires seront alloués au gouvernement et au Parlement d’Edimbourg (Ecosse), en matière de dépenses publiques, d’impôts et d’avantages sociaux.

« Tout comme le peuple d’Ecosse aura plus de pouvoirs sur la gestion de leurs affaires, les peuples d’Angleterre, du Pays de Galles et d’Irlande du Nord doivent avoir leur mot à dire sur les leurs. Les droits de ces électeurs doivent être respectés, préservés et accrus. Il est absolument juste qu’un nouvel accord pour l’Ecosse soit accompagné par un nouvel accord qui s’applique à toutes les composantes du Royaume Uni », a déclaré à la presse, vendredi 19 septembre, David Cameron.

Pour pouvoir appliquer ces promesses, David Cameron devra mener une nouvelle bataille. Cette fois au sein même de son parti conservateur, où de nombreux députés lui reprochent d’avoir cédé à la panique quand le « oui » est passé en tête dans les sondages début septembre. Et notamment d’avoir promis des réformes beaucoup plus ambitieuses que prévues sans les avoir consultés. Cependant, il devra respecter ses promesses, s’il veut conserver son poste de Premier ministre, en 2015.


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