Monde

L’Espagne de nouveau sur la sellette

Crise de la dette publique

Céline Tabou / 27 mars 2012

Le gouvernement grec a rehaussé ses prévisions de réduction de la dette de 5,8% au lieu des 4,4% prévu avec ses créanciers. Cette annonce a créé l’inquiétude des investisseurs qui ont augmenté le taux d’emprunts à dix ans de l’Espagne, le faisant passer au-dessus de 5%, comme cela a été le cas pour l’Italie.

Le pays va connaitre une récession de 1,7% pour cette année et un taux de chômage de plus de 22%. Face à la dégradation de la situation économique et sociale, Madrid a dû demander à l’Europe d’assouplir son objectif de réduction de ses déficits pour 2012, après un déficit à 8,51% en 2011 contre les 6% avancés.

Rassurer les investisseurs

En dépit des nombreuses mesures d’austérité imposées au peuple espagnol depuis le début de la crise de la dette souveraine en 2009, les Vingt-Sept pays membres ont négocié un déficit espagnol à 5,3% du PIB pour 2012, en échange d’un retour à 3% dès l’année suivante. Cette prévision est jugée « irréalisable » par les économistes européens, doutant que le pays parvienne à réduire son déficit à 3% du Produit intérieur brut en 2013.
En dépit des annonces du commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn, la situation de la zone euro reste encore très fragile. Reconnaissant que « L’Espagne a réussi à restaurer la crédibilité de sa politique budgétaire » » et que le gouvernement tente de redresser ses comptes, la situation « est encore très fragile », a-t-il indiqué. « C’est la raison pour laquelle l’Espagne doit respecter ses objectifs afin d’éviter tout revers en termes de coûts d’emprunts sur les marchés », a exhorté le commissaire.

Le peuple paiera à nouveau

En contrepartie des aides financières de la Troïka (Fonds monétaire international, Banque centrale européenne et Union européenne), le gouvernement de Mariano Rajoy devra intensifier les réformes et mesures d’austérité en 2012, car Bruxelles a demandé un effort de rigueur supplémentaire de 20 milliards d’euros, soit 1,9% du PIB.
Le gouvernement espagnol présentera son budget en détail le 30 mars prochain et se veut rassurant : « Nous sommes sérieux, le sérieux est de retour en Espagne », a insisté dimanche 25 mars Inigo Mendez de Vigo, secrétaire d’État aux Affaires européennes. Le budget va mettre en avant les intentions de réduction du déficit plus important que prévu. Cela pourrait passer par la garantie de l’État des titres de dettes émis par les 17 régions autonomes du pays, dès juin, contre le contrôle rigoureux de leurs comptes. En effet, la dette espagnole est en partie due aux mauvaises gestions des gouvernements régionaux qui ont entrainé la dégradation des finances publiques.

Céline Tabou


L’Espagne pourrait présider le Fonds de secours de la zone euro

En dépit de ses perspectives économiques incertaines, le gouvernement espagnol espère obtenir la présidence du Mécanisme européen de stabilité (MES). A l’heure actuelle, l’Allemand Klaus Regling dirige le MES à partir de juillet. Mais la chancelière allemande, Angela Merkel, fait campagne pour que son ministre des Finances, Wolfgang Schäuble, devienne le prochain président de l’Eurogroupe lorsque le mandat de l’actuel titulaire, le Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker, arrivera à échéance cet été. Compte tenu du poids économique de l’Allemagne, Wolfgang Schäuble est bien placé pour obtenir la direction de l’Eurogroupe, réunion des ministres des Finances des États membres de la zone euro.


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