Monde

L’Espagne s’indigne contre son gouvernement

Crise en Europe

Céline Tabou / 27 septembre 2012

Dans la soirée du 25 septembre, des centaines de Madrilènes ont manifesté contre les nouvelles mesures d’austérité du chef du gouvernement, Mariano Rajoy. Ce dernier doit annoncer un nouveau plan de rigueur, dans le cadre de son Budget 2013.

Lancé par le mouvement des Indignés ("Occupons l’Assemblée"), des milliers de personnes se sont rassemblées sur la place Neptune, près du Parlement espagnol, pour demander la démission du gouvernement et dénoncer les mesures d’austérité prévues. La manifestation a conduit à l’affrontement entre manifestants et policiers.

Une dispersion musclée

Après une première charge des policiers à coups de matraque sur les manifestants qui tentaient de forcer un barrage, certains manifestants ont jeté des projectiles sur les forces de l’ordre déployées par centaines. Un face à face s’est installé entre policiers et indignés qui criaient : « Ce sont nos armes », en levant les mains au ciel. Une bonne partie des manifestants a été dispersée vers les rues alentour du Parlement, criant : « Le peuple uni ne sera jamais vaincu », « honte », tandis que d’autres s’asseyaient, mains en l’air, sur la place, a indiqué l’“Agence France Presse”.

Dans la soirée, les policiers anti-émeute ont tenté de disperser des milliers de manifestants rassemblés pour demander la « démission » du gouvernement et dénoncer une démocratie « séquestrée », assujettie « aux marchés financiers ».
Face aux manifestants, les forces de l’ordre ont répondu par des tirs de balles en caoutchouc et des interpellations musclées. D’après un premier bilan, 26 personnes ont été interpellées et 60 Madrilènes ont été blessés, dont un « gravement qui souffre d’une possible lésion à la colonne vertébrale », et 27 policiers, a indiqué une porte-parole des services d’urgence.

Un plan de rigueur douloureux

Depuis 2011, le gouvernement conservateur espagnol a mis en place un certain nombre de mesures afin d’obtenir un plan d’aide européen pour ses banques et réduire son déficit public. Depuis décembre, ces mesures d’austérité ont provoqué un profond mécontentement. « Toute une série de mesures ont été adoptées par décret, sans qu’elles ne passent par les députés », ont dénoncé les organisateurs de la manifestation du mardi 25 septembre.

Ce nouveau plan qui s’ajoute aux mesures prises par le gouvernement met en place la diminution du traitement des fonctionnaires, l’augmentation de trois points de la TVA et la réduction des dépenses en matière d’éducation et de santé. Toutefois, les conditions imposées par Bruxelles tournent autour d’une économie de 150 milliards d’euros entre 2012 et 2014 pour réduire le déficit public à moins de 3%, alors que le pays ploie sous un chômage de 24,63%. De son côté, le gouvernement souhaite satisfaire la Troïka et atteindre son objectif de réduction du déficit budgétaire, fixé à 4,5% du PIB pour 2013.

Le chef du gouvernement, Mariano Rajoy, a toujours refusé de parler de plan de « sauvetage » de son pays. Cependant, dans une interview accordée au “Wall Street Journal”, cité par le journal “La Voix du Nord”, Mariano Rajoy a expliqué que « si les taux d’emprunt de l’Espagne se maintenaient à un niveau très élevé pendant trop longtemps, pouvant entrainer un écroulement de l’économie du pays et alourdissant sa dette, je peux vous assurer à 100% que nous demanderions ce sauvetage », a-t-il indiqué.

Céline Tabou


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