Monde

L’impasse diplomatique de la situation syrienne

Céline Tabou / 28 décembre 2011

Lundi 26 décembre, 44 civils ont été tués par les forces gouvernementales, dont 34 dans la province de Homs, où plusieurs quartiers ont fait l’objet d’intenses bombardements. Constatant la situation, l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) a qualifié la situation d’« effrayante ».

C’est dans de telles conditions que la cinquantaine d’observateurs de la Ligue Arabe est arrivée lundi soir. Ces derniers devront surveiller la situation sur le terrain, alors que le gouvernement cache ses traces en rappelant certains de ses chars dans les villes prochainement visitées par les observateurs de la Ligue arabe.

Situation explosive

Depuis le 15 mars 2011, la Syrie fait face à une crise politique et sociale sans précédent. Lancée par les révoltes arabes, la population manifeste contre le président Bachar el-Assad qui a ordonné à l’armée, dès le début des mouvements, de repousser les manifestants dans tout le pays. La situation s’est depuis envenimée, notamment lorsqu’une partie des forces armées a fait sécession et s’est rangée du côté des manifestants.
Face à l’aggravation de la situation et aux incohérences internationales, la Ligue Arabe a proposé un plan prévoyant la fin de la répression, l’ouverture de négociations avec l’opposition, la libération de tous les prisonniers politiques, le rappel de l’armée dans ses casernes et le libre accès des travailleurs humanitaires et journalistes au territoire syrien a indiqué "Associated Press".
Pour cela, une cinquantaine d’observateurs ont été envoyés à Homs, cœur de la révolte contre le régime du président syrien Bachar el-Assad, où ils ont été reçus par le gouverneur, a indiqué la télévision privée Dounia, proche du pouvoir.

La communauté internationale dépassée

Contrairement à la Lybie qui a été attaquée par l’Union européenne avec Nicolas Sarkozy en tête, la communauté internationale ne sait pas quelle position adoptée. Les membres du Conseil de sécurité des Nations Unies ne parviennent pas à s’entendre sur les manœuvres à organiser en Syrie. La Chine et la Russie ont opposé un veto sur la possibilité de sanction, créant un conflit au sein du Conseil de Sécurité, où Russes et Occidentaux s’affrontent. Ces derniers accusent Moscou de tenter de « détourner l’attention » de Damas en demandant une enquête sur l’action de l’OTAN en Libye.
En dépit de l’opposition apparente entre les deux camps, le Conseil national syrien (CNS), qui regroupe la majorité de l’opposition à Bachar el-Assad, a demandé au Conseil de sécurité de l’ONU d’adopter le plan de la Ligue arabe sur la Syrie, qui n’a pas les moyens de le faire appliquer. La révolte syrienne réprimée par le pouvoir a déjà fait selon les Nations Unies plus de 5.000 morts à la mi-décembre et plus de 14.000 opposants détenus.

Céline Tabou


Kanalreunion.com