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L’Inde envoie une sonde sur Mars

Le monde change

Céline Tabou / 26 septembre 2014

Le satellite indien Mangalyaan est entré en orbite autour de Mars le 24 septembre 2014. Une réussite pour l’Organisation indienne de la recherche spatiale, qui a misé sur des coûts très réduits pour la conception du lanceur et du satellite, en passant par leur fabrication.

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Voici les premières photos de la planète Mars envoyée par la sonde indienne, un orbiteur autour de la planète rouge avec un budget inférieur à un film de science-fiction.

Cette avancée indienne rappelle celle des Chinois qui devraient mettre en place une station orbitale d’ici 2018. L’intérêt pour ces deux puissances émergentes est de pouvoir avoir leurs propres données satellites à des coûts contrôlés, sans passer par les satellites occidentaux.

Du « low-cost » dans l’espace

Le but de cette sonde sera de mesurer la teneur en méthane de l’atmosphère martienne, mais surtout faire la démonstration du savoir-faire de l’ISRO, l’agence spatiale indienne. En effet, cette mission aura coûtée « moins cher que le film Gravity » a raillé le Premier ministre, Narendra Modi. Cette différence place l’Inde en concurrence directe avec les entreprises privées, qui proposent des lancements à prix cassés, par rapport aux acteurs institutionnels.

« L’Inde a réussi à atteindre Mars. Félicitations à vous tous, au pays tout entier. L’histoire s’écrit aujourd’hui », a déclaré le Premier ministre indien, Narendra Modi, depuis le siège de la mission pilotée par l’agence spatiale indienne (ISRO) à Bangalore dans le Sud du pays. La sonde Mars Orbiter Mission (MOM), avait décollé le 5 novembre 2013, pour être placée avec succès en orbite de la planète rouge dans la nuit de mardi à mercredi.

Conçue et produite en un temps record et avec un budget réduit, cette sonde fait de l’Inde, le premier pays asiatique à atteindre Mars. Seuls les États-Unis, la Russie et l’Europe avaient réussi à aller jusque là. Avec un budget de 74 millions de dollars, la mission indienne n’a coûté qu’une fraction de la sonde Maven de la Nasa placée en orbite de Mars avec succès dimanche 21 septembre.

« Nous avons réussi à notre première tentative. L’ISRO a conçu cet engin spatial en un temps record de trois ans, chaque Indien est fier de vous », a indiqué le Premier ministre, ce dernier a souligné que le montant de cette mission était inférieur au coût du film de science-fiction « Gravity » produit à Hollywood, et estimé à 100 millions de dollars. La NASA américaine a félicité l’ISRO, « Mars Orbiter rejoint les missions étudiant la planète rouge », a indiqué l’agence américaine sur les réseaux sociaux.

Chine-Inde, deux émergents dans l’espace

Puissances économiques, la Chine et l’Inde font la course dans le domaine spatial. D’un côté, l’Inde devient le pionnier en matière de coûts de construction et d’envoi de sonde spatiale, et pour être parvenu jusqu’à la planète Mars. Le pays n’est pas novice et avait d’ailleurs lancé 40 satellites pour des nations étrangères depuis le lancement de son programme spatial, il y a cinquante ans.

Toutefois, pour concurrencer la Chine, les Indiens avaient prévu de lancer leur mission après l’annonce par le gouvernement chinois de l’échec de leur mission sur Mars en 2011. Cependant, malgré ces couacs, la Chine lance des satellites de tailles plus importantes et est parvenue à deux reprises à toucher la Lune. La Chine a fêté les dix ans de son premier vol spatial habité en 2014.

Le pays prévoit de posséder une station orbitale permanente aux alentours de 2022, à l’époque où la Station spatiale internationale (ISS) aura probablement cessé d’être exploitée. D’ici là, Pékin compte mettre en orbite dans deux ans un module qui servira de laboratoire, baptisé Tiangong-2 ( »Palais céleste »). Ensuite, vers 2018, la Chine prévoit de mettre en orbite un module expérimental de station spatiale, quatre ans avant la station finale.

L’enjeu pour les deux pays est principalement économique. En effet, « un satellite permet d’établir des réseaux de téléphonie plus facilement et moins cher que par voie terrestre. Il permet d’informer les agriculteurs des prévisions météo, des cours des fruits et légumes. Il permet d’anticiper des catastrophes naturelles, mais aussi d’organiser du télé-enseignement dans les bourgs isolés », a expliqué Gopal Roaj, auteur de Histoire du programme spatial indien, rapportait RFI, en 2009.


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