Monde

L’indépendance de la Crimée déclarée

Vote du Parlement de la région du Sud de l’Ukraine

Céline Tabou / 13 mars 2014

Le Parlement de Crimée a adopté « une déclaration d’indépendance de la république autonome de Crimée et de la ville de Sébastopol » à l’égard de l’Ukraine, mardi 11 mars. 78 députés sur les 81 présents ont approuvé cette déclaration, selon un communiqué du Parlement local.

JPEG - 77.3 ko
Manifestation en Crimée. (photo Andrew Butko)

Première étape avant le référendum prévu dimanche permettant ainsi le rattachement de la région à la Russie. Suite à cette annoncé, le Parlement ukrainien a menacé de dissoudre l’assemblée de la république autonome de Crimée si elle n’annule pas ce référendum.

Une déclaration « nulle, illégale »

En Européen, Angela Merkel avait affirmé que le référendum mis en place était « illégal », pourtant, Vladimir Poutine avait affirmé que les autorités de Crimée et les forces russes sur place étaient dans leur bon droit. Le 11 mars, les députés, majoritairement russophones, du Parlement criméen ont voté la semaine dernière pour l’annexion de la Crimée par la Russie et l’organisation d’un référendum sur leur décision.

Pour le président déchu Viktor Ianoukovitch, exilé en Russie, « la Crimée se détache » de l’Ukraine en raison de la politique des « néo-fascistes » arrivés au pouvoir à Kiev, avant d’assurer que l’Ukraine allait se ressaisir et « retrouver son unité », a-t-il déclaré à la presse.

Les pro-européens et pro-russes, s’accordent à dire que la décision d’indépendance du Parlement est « nulle, illégale et viole les lois et pratiques internationales », a ainsi réagi le ministre espagnol des Affaires étrangères, Juan Manuel Garcia-Margallo, depuis la Slovénie, selon FranceInfoTv.

Sergueï Lavrov, ministère russe des Affaires étrangères, « Le ministère des Affaires étrangères russe considère la décision du Parlement de Crimée absolument légale ». Dans un communiqué, le ministre a rappelé que dans le cas du Kosovo, les Nations Unies et plusieurs pays occidentaux avaient estimé « qu’une déclaration unilatérale d’indépendance d’une partie d’un Etat ne violait aucune norme du droit international ».

Théodore Christakis, professeur de droit international à l’université Grenoble Alpes et directeur du Centre d’études sur la sécurité internationale et les coopérations européennes (CESICE), a expliqué à L’Express, qu’"un référendum concernant le statut futur d’un territoire n’est pas, en principe, ’illégal’ du point de vue du droit international, pas plus qu’une éventuelle déclaration d’indépendance à la suite d’un tel référendum ».

Des sanctions contre Moscou ?

Le Conseil de sécurité de l’ONU examine ce jour, la situation en Ukraine et son rattachement à la Russie, qui parait de plus en plus inévitable. Le Premier ministre ukrainien, Arseni Iatseniouk, est d’ailleurs attendu, pour s’adresser devant le Conseil. Mais malgré cela, la Russie devrait utiliser son droit de veto, afin d’empêcher une position commune de la communauté internationale. D’autant plus que la région est interdite aux responsables et observateurs internationaux, si bien que l’émissaire de l’ONU de l’Ukraine, Ivan Simonovic, a annoncé avoir renoncé pour le moment.

D’après l’Agence France Presse, « tout est en place pour une sécession rapide de la péninsule », car le « Premier ministre, Serguiï Axionov, s’est autoproclamé chef des armées et les 2 millions de Criméens, majoritairement russophones, ont vu les chaînes russes remplacer les chaînes ukrainiennes sur leur poste de télévision ». Face à l’effervescence de la situation, le Premier ministre britannique, David Cameron et le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, ont réaffirmé la possibilités de sanctions contre Moscou, si le pays « ne change pas de cap », a indiqué le Premier ministre.

Pour l’ancien président Viktor Ianoukovitch, il est le « seul président légitime » de l’Ukraine, regrettant tout de même « que la Crimée se détache » de l’Ukraine. De son côté, le nouveau pouvoir en Ukraine semble avoir fait une croix sur la péninsule, selon LeParisien.

Le gouvernement a annoncé qu’il n’interviendra pas militairement pour empêcher le rattachement de la Crimée à la Russie, préférant protéger sa frontière est, a déclaré dans un entretien exclusif à l’AFP le président par intérim Olexandre Tourtchinov. Pour l’heure la situation reste tendue, mais beaucoup pense que les dès sont jetés et que seul le référendum actera définitivement ou pas ce rattachement à la Russie.

 Céline Tabou  


Kanalreunion.com