Monde

L’innovation technologique au service des espions

Programme PRISM

Céline Tabou / 2 juillet 2013

Depuis le développement des nouvelles technologies de l’information et de la communication, de nombreuses découvertes ont été réalisées. Parmi elles, Internet, l’email, les filtres servant à la censure ou encore le web 2.0.

Les innovations technologiques sont devenues des outils indispensables pour communiquer, informer et propager des opinions, idées, analyses et valeurs. Ces innovations destinées à améliorer le quotidien sont désormais des éléments de déstabilisation de la société. La mondialisation des échanges et notamment de l’information sont des moyens de lier le monde et de domination.

L’impact de ces innovations est aussi dévastateur et bouleversant que les changements climatiques, qui parviennent à déstabiliser des Etats. Avec la globalisation, la technologie de l’information n’a désormais plus de limite. En effet, des systèmes parviennent à contrôler, censurer, surveiller et espionner des entreprises, mais aussi des gouvernements.

Personne à l’abri

De nombreuses affaires mettent en évidence la vulnérabilité des données informatiques. La société russe Kaspersky Lab a annoncé, le 5 juin 2013, avoir découvert un réseau de cyber-espionnage, agissant depuis 2004. Ce réseau, NetTraveller, serait parvenu à espionner plus de 350 systèmes informatiques dans 40 pays, dont la Russie, l’Inde, la Chine, la Corée du Sud, l’Espagne et l’Allemagne, les Etats-Unis.

Récemment, le programme de surveillance, PRISM, est dénoncé par Edward Snowden. Ce dernier a expliqué comme l’Agence Nationale de Sécurité américaine (NSA) a eu un accès direct aux données hébergées par les géants américains des nouvelles technologies, comme Google, Facebook, YouTube, Microsoft, Yahoo !, Skype, AOL et Apple.

Cette révélation prouve une fois de plus qu’il devient de plus en plus complexe de protéger sa vie privée. Ce qui pouvait être protégé par le passé ne l’est plus aujourd’hui, avec les nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC). Les réseaux sociaux sont les exemples mêmes de la divulgation souhaitée ou non de la vie privée d’une personne ou d’un groupe.

Arme pour les gouvernements

Ces NTIC sont utilisées pour renforcer le pouvoir des uns contre les autres. Le réseau social Facebook a été accusé de fournir des données au sein de son sol et hors du pays, à la CIA. L’information est une arme pour les gouvernements qui parviennent à maitriser leurs homologues.

De tout temps, les découvertes ont été utilisées à des fins de domination. La scientifique Marie Curie découvre le polonium et le radium, éléments utiles à la radioactivité. Cette découverte servira tout d’abord à construire des bombes radioactives pour ensuite être utilisée pour le traitement des tumeurs (IRM) ou les scanners. L’innovation technologique est-elle devenue un outil de domination ou de progrès social ?

Céline Tabou

2 millions de connexions téléphoniques espionnées par jour

Selon le quotidien britannique The Guardian, la France figure dans une liste de 38 ambassades et missions diplomatiques qui étaient la cible d’une surveillance électronique de la part du redoutable service secret américain. La liste en question date de 2010. La surveillance qu’elle révèle s’appuyait à la fois sur des méthodes classiques (micros dans les locaux) et sur des interceptions informatiques.

Les agents de la NSA font aussi preuve d’une certaine imagination : l’opération de surveillance de la représentation française à l’ONU a été baptisée "Blackfoot" et celle visant l’ambassade de France à Washington "Wabash". Le premier terme désigne une tribu indienne, le second une rivière dans l’état de l’Ohio.

En parallèle de cette surveillance ultraciblée, la NSA ne s’interdisait pas de réaliser des opérations de surveillance de masse sur le territoire français. Selon le magazine allemand "Der Spiegel", le service secret américain a intercepté, en décembre 2012 et début janvier 2013, chaque jour en moyenne deux millions de données de connexion relatives à des communications téléphoniques. Certains jours, le zèle des agents secrets est même monté jusqu’à 7 millions de données de connexion interceptées. Ce fut le cas pour le 24 décembre 2012 et le 7 janvier 2013. Ces écoutes se sont fait dans le cadre d’un programme baptisé "Boundless Informant".
Edward Snowden demande l’asile politique à la Russie

Selon le diplomate de service au point consulaire de l’aéroport Cheremetievo, la demande est arrivée dimanche soir par l’intermédiaire de Sarah Harrisson, la militante de WikiLeaks qui accompagne Snowden.

Le Kremlin se refuse pour le moment à tout commentaire, mais un peu plus tôt, Vladimir Poutine qui pouvait difficilement ne pas avoir eu vent de cette requête, a expliqué que si l’informaticien voulait obtenir l’asile, il fallait qu’il cesse «  ses activités visant à faire du tort à nos partenaires américains  », c’est-à-dire qu’il arrête de divulguer des informations secrètes.

Selon le "Los Angeles Times" qui cite une source anonyme au sein du ministère russe des Affaires étrangères, Snowden aurait rencontré ce lundi des diplomates russes à l’aéroport de Moscou et leur aurait remis des demandes d’asiles adressées à 15 Etats. La Russie en ferait donc partie.

Mais peut-être aussi le Venezuela, dont le président a déclaré que son pays lui accorderait l’asile de façon «  quasiment certaine  ». Nicolas Maduro, actuellement à Moscou, est venu assister au sommet du gaz et certains médias russes pensent qu’il pourrait repartir avec Snowden dans sa délégation. Vladimir Poutine affirme ne rien savoir de ses plans ni de ceux des autres participants au sommet.

(Source RFI)


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