Monde

L’Islande met fin à l’emprise des banques

Céline Tabou / 7 décembre 2010

Dans un article paru sur le site d’information Médiapart, le président islandais, Olaf Ragnar Grimsson, a expliqué qu’il n’avait pas sauvé les banques, et que « l’Islande se porte bien mieux qu’attendu ».

Faisant face à l’effondrement de son système bancaire, les autorités islandaises ont « permis aux banques de faire faillite. C’étaient des banques privées et on n’y a pas injecté d’argent pour les maintenir. L’État n’a pas porté la responsabilité de la faillite des banques privées », a expliqué le chef d’État.

Préserver l’intérêt général

Alors que l’Union européenne persiste à injecter de l’argent dans les banques, dont une majeure partie est responsable de la faillite de leur pays, le gouvernement islandais décide de « liquider les activités spéculatives et rétablir un système de crédit pour alimenter l’économie réelle » ; en laissant les banques, en grande partie privées, s’effondrer.

« Peut-on demander aux gens ordinaires — les agriculteurs et les pêcheurs, les enseignants, les docteurs et les infirmières — d’assumer la responsabilité de la faillite des banques privées ? Cette question, qui fut au cœur du débat dans le cas de la banque islandaise Icesave, va être la question brûlante dans de nombreux pays européens », a expliqué Olaf Ragnar Grimsson à l’agence d’information financière Bloomberg.

Un système bancaire au service de l’économie nationale

Pointant du doigt un système en bout de parcours, le président islandais pose la question de la place des banques au sein de l’économie nationale, et surtout comment celles-ci spéculent avec l’argent des contribuables. A l’heure où l’Italie, la Grèce l’Espagne, le Portugal, l’Irlande, l’Allemagne et la France mettent en place des plans d’austérité pour sauver leurs économies, suites aux erreurs des banques, l’Islande reste l’un des rares pays à avoir décidé de nationaliser les banques.

En mars 2010, en Islande, lorsque le gouvernement a négocié un renflouement massif approuvé par le Parlement, qui sera par la suite remis en cause par le Président Grimsson, ce dernier décide de soumettre la décision de renflouer les banques au peuple islandais, par référendum. A 93%, le plan de sauvetage des banques est refusé par le peuple. De ce fait, la plupart des activités en faillite ont été séparées du reste des banques, permettant en cette fin d’année à l’Islande d’avoir un système bancaire enfin au service de l’économie nationale.

Céline Tabou


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