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L’OCS devient un terrain important pour la Chine et l’Inde

La nouvelle méthode : Narendra Modi -4-

Céline Tabou / 25 octobre 2014

Durant deux jours, les membres de l’Organisation de Coopération de Shanghai, réuni au Tadjikistan, ont défini « le développement du bloc régional pour la prochaine décennie ». Raison pour laquelle de nouveaux membres ont pris place lors de ce sommet du 12 et 13 septembre, particulièrement l’Inde.

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L’OCS regroupe une grande partie des pays d’Asie. En vert les États membres, et en bleu les observateurs.

Pour certains observateurs, il faut accorder de l’importance à la position de l’Inde dans l’OCS, qui regroupe six pays dont la Chine et la Russie. Pour l’heure, cette coopération est d’ordre sécuritaire, mais cette force pourrait évoluer et s’apparenter à l’OTAN (Organisation du traité de l’Atlantique Nord).

Élargir l’organisation

Lors de ce sommet à Douchanbé, au Tadjikistan, l’Inde, l’Iran, la Mongolie et le Pakistan ont été admis dans l’organisation avec le statut d’observateur. Pour Alexeï Maslov, directeur du département d’Études orientales à la Haute école des études économiques de Moscou : « l’OCS commence à jouer maintenant un rôle d’un contrepoids face à l’activité de l’OTAN en Asie. C’est pourquoi, les pays veulent participer à l’OCS pour avoir une garantie et la défense de leurs intérêts ».
Ce dernier a expliqué sur le site La Voix de la Russie, qu’aujourd’hui « l’OCS est plus appréciée », parce que « la politique américaine en Asie était trop dure pour ces pays, il y avait trop de pression sur leurs intérêts. Et, au fond, cette politique contredisait les intérêts asiatiques ». En effet, les Américains tentent depuis quelques années de bloquer les partenariats économiques et commerciaux entre la Chine et certains pays d’Asie, tel que le Japon et l’Inde.
Cependant, « la volonté de l’Inde, de l’Iran, du Pakistan et de la Mongolie de rejoindre l’OCS est bien naturelle. Il y a encore un point qu’il faut prendre en compte. La croissance du rôle de la Chine dans le monde fait que plusieurs pays craignent de coopérer directement avec celle-ci sans avoir des garanties. Et l’OCS garantit que la Chine respectera les intérêts de ces pays dans le cadre des normes existantes de l’OCS », a expliqué l’expert russe. Ce point est important pour l’Inde, qui tient à conforter ses relations avec la Chine.

Axe commun : l’antiterrorisme

Pour le président chinois, Xi Jinping, « les membres de l’OCS ont créé un nouveau modèle de relations internationales — un partenariat plutôt qu’une alliance », basée sur « la volonté commune d’aborder la situation sécuritaire difficile dans la région, qui est menacée par les « trois forces du mal » — le terrorisme, le séparatisme et l’extrémisme », a indiqué l’agence de presse, Xinhua
Cette situation s’est traduite par la création d’agences antiterroristes transnationales et l’organisation de plus de dix manœuvres conjointes multinationales. Ces rapports sont désormais consolidés, l’agence de presse chinoise a assuré que les pays asiatiques ont souhaité étendre diversifier leur coopération, avec comme axe « l’économie et la sécurité ».
Sur le plan sécuritaire, Zhang Xinfeng, directeur du comité exécutif de l’Agence anti-terrorisme régionale de l’OCS, a assuré que l’agence créée en 2004, « a élaboré un mécanisme d’interaction efficace, qui a aidé à élargir la coopération pragmatique ». L’agence a établi des relations de coopération avec les principales organisations de sécurité internationales et régionales, ce qui a aidé à assurer la stabilité régionale face aux menaces et aux défis constants, a indiqué ce dernier.
« Quand nous regardons l’avenir, nous avons confiance en l’agence anti-terrorisme », a-t-il assuré, ajoutant que « tous les États membres de l’OCS ont des extrémistes de ce genre qui luttent en Syrie et en Irak (...) Ces personnes ont commencé à retourner dans leurs pays natals, ce qui constitue une grave menace à la sécurité régionale ».

Une coopération économique à venir

Composée de la Russie, la Chine, le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Tadjikistan et l’Ouzbékistan, l’OCS réuni les principales puissances émergentes du monde, comme la Chine et la Russie. L’entrée de l’Inde dans cette organisation a un poids particulier sur le plan économique. En effet, le pays est au coude à coude avec la Chine dans la tête des puissances économiques mondiales.
Réunis au sein des BRICS, la Chine, la Russie et désormais l’Inde sont aujourd’hui les fers de lance de la dynamique économique et commerciale de la zone. En effet, depuis quelques années, la Chine tente de consolider ses relations avec ses voisins pour faire face aux États-Unis qui font pression par différents moyens (sanction économique, pression diplomatiques et militaires,...) et sont à l’origine de la crise économique et financière internationale.
« La Russie s’engage à étendre la coopération économique au sein de l’OCS et à développer des mesures conjointes sur la sécurité en matière de finance, d’alimentation, d’énergie et de transport », a indiqué le président russe Vladimir Poutine. Ce dernier a proposé la création d’un mécanisme de financement optimal, « afin d’accroître le rôle du Conseil d’affaires de l’OCS et de son Association inter-banque et d’étendre les relations interrégionales ».
En plus d’avoir consolidé ses rapports avec la Chine, l’Inde, le Brésil et l’Afrique du Sud, la Russie a assuré que « de vastes opportunités » étaient à prévoir « dans la future coopération entre l’OCS et l’Union économique eurasiatique ». Cette nouvelle coopération au sein de l’OCS pourrait causer certains désavantages pour les occidentaux, qui tentent de s’imposer dans la zone.


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