Monde

L’OTAN se retire d’Afghanistan

13 ans après, les talibans sont toujours là

Céline Tabou / 29 décembre 2014

La force internationale d’assistance et de sécurité (FIAS) de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) a décidé de se retirer définitivement d’Afghanistan, après 13 années d’intervention militaire.

Le commandant de la FIAS, le général américain John Campbell, a annoncé cette décision dimanche 28 décembre, et dressé un bilan jugé « positif de l’action militaire de l’OTAN dans le pays ». Cependant, l’insurrection des Talibans ne faiblit pas dans le pays. Mais les Etats-Unis vont fournir un soutien aérien aux Afghans, et devraient intervenir directement en cas d’avance rapide des talibans.

Treize ans de présence

Sur son site internet l’OTAN expliqué que la mission de l’OTAN était « d’aider les autorités afghanes à assurer efficacement la sécurité dans tout le pays et de veiller à ce qu’il ne puisse plus jamais redevenir un sanctuaire pour les terroristes ».
Présent sur le sol afghan depuis août 2003, la FIAS avait comme mission de conduire « des opérations de sécurité, tout en se consacrant également à la formation et au développement des forces de sécurité nationales afghanes (ANSF)".
Comme prévu et convenu avec les autorités afghanes, la FIAS achèvera sa mission a mit fin à ses missions cette fin d’année. Ainsi, le 1er janvier 2015, la mission « Soutien résolu » pour l’aide et la formation de l’armée afghane, prendra le relais de la mission de combat de la FIAS, qui a perdu 3.485 soldats depuis 2001.
« Le chemin à parcourir demeure difficile, mais nous triompherons », a estimé le général John Campbell. Pour le président américain, Barack Obama, « notre guerre la plus longue prendra fin de façon responsable », a-t-il déclaré lors de son discours de Noël.
De leurs cotés, les talibans ne rendent pas les armes. Le porte-parole des insurgés, Zabihullah Mujahid, a d’ailleurs expliqué que « les 13 années de mission américaine et de l’OTAN ont été un échec absolu en Afghanistan. La cérémonie d’aujourd’hui est leur échec ». Ce dernier a rappelé que les Talibans « ne tiendront pas de pourparlers de paix en présence de troupes de l’OTAN en Afghanistan ».
La FIAS a compté près de 130.000 soldats d’une cinquantaine de pays en 2011, année où l’engagement de l’OTAN était le plus fort. Désormais, ce sont les forces de sécurité afghanes, composées d’environ 350.000 hommes, qui assureront seules la sécurité face aux talibans, maîtres du pays entre 1996 et 2001.

Un pays désuni

Les récentes violences, notamment à Kaboul, ont mis en exergue l’impossibilité pour la force internationale de venir à bout de l’insurrection des talibans, a indiqué l’Agence France Presse. En effet, le nombre de victimes civiles a augmenté de 19 % en 2014, avec 3.188 morts comptabilisés fin novembre, selon les Nations unies.
La police et l’armée afghanes ont également subi de lourdes pertes avec plus de 4.600 morts au cours des dix premiers mois de 2014. Côté aide financière, plusieurs milliards ont été dépensés depuis 2001 en Afghanistan, avec une efficacité relative compte tenu de la corruption endémique.
En effet, l’élection présidentielle de 2014 devait être le moment de montrer un nouveau visage de l’Afghanistan, celui d’un pays réconcilié, avec une transition démocratique. Mais, l’élection a été marquée par des accusations de fraude et un dangereux face-à-face entre Ashraf Ghani et Abdullah Abdullah, les deux candidats du second tour.
Les talibans, eux, espèrent profiter de ce vide politique et militaire pour conserver leurs positions et ainsi pouvoir négocier un nouveau gouvernement. Cependant, ces derniers sont restés dans le registre de la terreur en attaquant ces dernières semaines à Kaboul, les domiciles de résidents étrangers, des convois diplomatiques, des bus de l’armée afghane, et entre autre le centre culturel français.


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