Monde

L’Ukraine et les pro-russes de nouveau en guerre ?

Céline Tabou / 16 janvier 2015

Depuis plusieurs jours, les pro-russes attaques l’armée ukrainienne, entrainant d’importants dégâts humains et matériels. La situation laisse présager un retour de la guerre entre les séparatistes et l’armée ukrainienne.

Les violences se déroulent sur les territoires des “Républiques” sécessionnistes de Donetsk et Lougansk mettant fin à la trêve signée le 9 décembre. Suite à ce regain de violence, l’Ukraine a observé jeudi 15 janvier, une journée de deuil, décrétée par le président Petro Porochenko qui a annoncé la mobilisation de 50 000 soldats supplémentaires.
En moins de 48 heures, deux civils ont péri dans les bombardements, 17 blessés et trois soldats ukrainiens ont été tués. Depuis avril, plus de 4.700 personnes ont perdu la vie dans ce conflit, qui reste encore une impasse.

Plusieurs villages détruits

Le village de Piski, bastion ukrainien près de l’aéroport de Donetsk, n’« existe presque plus », a indiqué un soldat ukrainien à l’Agence France Presse. « C’est détruit. La guerre bat son plein. C’est la première fois qu’ils (les séparatistes) nous bombardent comme ça », a-t-il affirmé. A Avdiïvka, à six kilomètres au nord de Donetsk, le chef de la police locale fidèle à Kiev, Viatcheslav Abroskine, a été signalé d’"intenses bombardements rebelles », au même.
Même constat dans le village voisin de Tonenke, des tirs d’artillerie venant des deux camps. Pour un autre soldat interrogé par l’agence, « ils (les séparatistes) nous tirent dessus avec tout ce qu’ils peuvent. On dirait qu’une grosse action (militaire) commence, mais ce sont eux qui l’ont lancée ».
Douze personnes ont été tuées mardi 13 janvier dans un bus touché par une roquette qui visait un barrage ukrainien, a annoncé le chef de la police de la région de Donetsk Viatcheslav Abroskine. Jeudi 15 janvier a été une journée de deuil national, à cette occasion le président Petro Porochenko a décrété trois vagues de mobilisation militaire en 2015. Pour cela, il a rappelé les 50.000 réservistes.
Son décret explique la nécessité d’"une réaction adéquate aux menaces causées par les actions agressives de la Russie », qui pèsent sur la « sécurité nationale », l’“indépendance” de l’Ukraine et son « intégrité territoriale ».

« Je suis Volnovakha »

La phrase « Je suis Volnovakha » est apparue sur internet. Une référence au « Je suis Charlie » lancée en France, suite aux attentats de Charlie Hebdo. « Je suis Charlie » a été lancée en vue de l’organisation d’une marche pour la paix à Kiev, et est utilisé par des milliers de personnes en signe de solidarité avec les victimes.
Sur les réseaux sociaux, Petro Porochenko a écrit que « les cœurs des Ukrainiens et de toutes les nations civilisées étaient unis avec la France après l’attaque terroriste. Aujourd’hui, l’Ukraine appelle à un soutien et une solidarité similaires #JeSuisVolnovakha ».
Pour le secrétaire du Conseil national de sécurité ukrainien, Olexandre Tourtchinov, « deux scénarios » sont possibles pour l’avenir. Soit « la reprise des hostilités à grande échelle et une attaque avec la participation active des forces armées russes, dont les conséquences pourraient devenir une guerre continentale à grande échelle », soit « des tentatives du Kremlin visant à empêcher la stabilisation de la situation en Ukraine ».
De son côté, l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe a annoncé le lancement d’une enquête commune avec tous les belligérants de cette guerre civile. Pour sa part, la Russie accuse les Ukrainiens d’être à l’origine de l’attaque contre le bus, causant la mort de 12 personnes.
Le président de la “république” autoproclamée de Donetsk, Alexandre Zakhartchenko, a quant à lui, assuré que « L’Ukraine se prépare à la guerre. Nous sommes prêts à donner la réponse adéquate. Nous ne sommes pas faibles ».
Face à une telle situation, le sommet de paix entre les présidents ukrainien Petro Porochenko et russe Vladimir Poutine avec la participation de la chancelière allemande Angela Merkel et du président François Hollande paraît compromis. D’autant que la chancelière avait laissé entendre qu’il n’aurait pas lieu si le cessez-le-feu n’était respecté.


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