Monde

La casse sociale à Chypre : 2.000 emplois supprimés

Plan d’aide de l’Union européenne

Témoignages.re / 26 mars 2013

Dans un article publié hier, "L’Humanité" annonce le coût social du plan d’aide de l’Union européenne. La deuxième banque de Chypre devra fermer, c’est l’incertitude pour 2.000 travailleurs.

Le tribut sera lourd pour l’économie chypriote. Ce sera « très difficile pour le pays », a reconnu le commissaire aux Affaires économiques, Olli Rehn. Mais la Commission européenne « fera tout son possible pour alléger les conséquences sociales » de ce plan, a-t-il promis. Ce plan de sauvetage est un donnant-donnant qui aura un sérieux impact sur l’emploi :

- Chypre recevra une aide de 10 milliards d’euros...

- Pour peu qu’elle réduise drastiquement son secteur bancaire : Laïki, la deuxième banque du pays et ses 2.000 salariés, sera fermé.

- Bank of Cyprus, le premier établissement du pays qui compte beaucoup de déposants russes, ne disparaîtra pas. Les autorités chypriotes ont bataillé ferme pour éviter cette deuxième fermeture. Mais les déposants au-dessus de 100.000 euros vont eux aussi subir des pertes importantes, encore non chiffrées.

- Les petits dépôts seront intégralement préservés. Ils seront mis dans une "good bank".

- En revanche, les autres iront dans une "bad bank". « Les dépôts non-sécurisés de plus de 100.000 euros seront gelés et participeront à la recapitalisation nécessaire » du secteur bancaire, a précisé le ministre allemand, Wolfgang Schäuble. Ce qui correspondra à 4,2 milliards d’euros.

Pierre Moscovici, ministre des Finances français, avait insisté sur la nécessité de mettre fin à ce qu’il a qualifié d’ « économie-casino ». « Tout dans la situation de Chypre est atypique, cela appelait des réponses très spécifiques », a-t-il expliqué une fois l’accord trouvé. Le démantèlement du secteur financier de l’île aura des conséquences sociales importantes : 8.500 personnes travaillent dans les banques. La finance représente 45% du Produit intérieur brut de l’île.

Satisfaction des marchés

Pour l’heure, la Troika (Union européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international) ne s’inquiète pas trop du coût social du plan de sauvetage. Ils préfèrent souligner que l’accord « met fin aux incertitudes concernant Chypre et la zone euro », comme le chef de file des ministres des Finances des 17, Jeroen Dijsselbloem.

Même satisfecit de la part de Christine Lagarde qui fera une recommandation sur le versement de l’aide du FMI à Chypre « dans les semaines qui viennent ».

Les marchés financiers asiatiques et européens ont salué l’accord à leur façon, avec des bourses en hausse lundi matin.

Sur l’île, les banques sont fermées depuis près de dix jours pour éviter la fuite des capitaux, et pourraient ne pas rouvrir aujourd’hui comme prévu. La décision sera prise « dès que possible », a indiqué le ministre des Finances, Michalis Sarris. En attendant, les clients des deux plus grandes banques doivent composer avec une nouvelle limitation des retraits aux distributeurs à 120 euros par jour à la Bank of Cyprus, et 100 euros à la Laiki, selon l’agence CNA.

La colère monte dans le pays, où des manifestations ont été organisées samedi et dimanche. Un engin explosif a légèrement endommagé une succursale de la Bank of Cyprus dimanche soir, près de Limassol (Sud), selon des médias locaux.


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