Monde

La confrontation continue en Ukraine

C.T. / 4 février 2014

Après quelque jours de convalescence, le président ukrainien Viktor Ianoukovitch a repris lundi ses activités au moment où l’Union européenne a annoncé la préparation d’aide économique à l’Ukraine pour l’aider à sortir de sa plus grave crise depuis son indépendance.

De leurs côtés, les chefs de l’opposition ont demandé, la veille, une médiation internationale et une aide financière de l’Occident, devant plus de 60.000 manifestants réunis à Kiev. Samedi, Vitali Klitschko et Arseni Iatseniouk ont échangé avec les chefs de la diplomatie américaine, allemande et française, sur ces deux points.

Le rapport de force s’intensifie

Depuis lundi, Viktor Ianoukovitch travaille à la mise en place d’un nouveau gouvernement après la démission de son Premier ministre Mykola Azarov et le refus des dirigeants de l’opposition d’entrer dans son équipe, a expliqué l’Agence France Presse sur place. Le président doit faire face à une contestation, qui dure depuis près de quatre mois, en raison de son alliance avec la Russie, dans le cadre d’une aide économique pour sortir le pays du marasme financier dans lequel il se trouve.

Les contestataires, qui occupent le centre de Kiev, exigent sa démission et une réforme constitutionnelle. L’objectif de cette réforme est de donner plus de pouvoir au Parlement. Les manifestants ont également exigé la libération sans condition de leurs sympathisants arrêtés lors des heurts récents. La demande de médiation internationale de l’opposition doit permettre d’éviter les "interprétations divergentes" dans les négociations entre le pouvoir en place et le opposants, a assuré devant la presse, l’ancien boxeur Vitali Klitschko. Les leaders de l’opposition ont aussi affirmé avoir obtenu une aide financière auprès des Occidentaux.

Le pays est au bord de la cessation de paiement, la contestation s’est alors intensifiée lorsque le président avait choisi l’offre de Moscou, indiquant 15 milliards de dollars de crédits et une baisse conséquente du prix du gaz russe. Face à la montée de la contestation, le président russe, Vladimir Poutine, a fait laissé entendre que si l’opposition entrait au gouvernement, ses accords ne tiendraient plus. Pour l’heure, Moscou a versé 3 milliards de dollars, et attend de voir la composition du nouveau gouvernement.

Une aide à venir

L’opposition souhaite que l’aide occidentale soit versée à un gouvernement qu’elle contrôlerait. Le président Viktor Ianoukovitch devrait d’ailleurs évoquer cette question avec la chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton, qui doit se rendre à Kiev dans les prochains jours. Cette dernière a confirmé la préparation d’une assistance financière pour l’Ukraine.

L’UE et les États-Unis sont en train de développer un plan, appelé « Plan Ukrainien », « qui examine ce que nous devons faire dès maintenant dans différents secteurs de l’économie pour améliorer les choses », a indiqué Catherine Ashton. Le montant de l’aide n’a pas été annoncé, mais "les chiffres ne seront pas modestes" a indiqué cette dernière.

Des pistes sont également envisagées comme la possibilité d’offrir des "garanties" financières, des aides à l’investissement ou encore « le soutien à la monnaie ukrainienne pour assurer sa stabilité », a précisé l’AFP. Tout devrait se décider le 10 février à Bruxelles, lors d’une réunion des ministres des Affaires étrangères de l’UE, le 10 février à Bruxelles. Face à cette bouffée d’oxygène, l’un des chefs de l’opposition qui a participé aux entretiens de Munich, a évoqué les « conditions nécessaires pour bénéficier de l’aide occidentale ».

Pour l’ancien ministre de l’Economie Arseni Iatseniouk, la réforme constitutionnelle est nécessaire pour que "l’opposition ukrainienne prenne toute la responsabilité pour les affaires du pays", via un Parlement qui "désigne le gouvernement et rend légitime ceux qui représentent l’Ukraine sur la scène internationale". Face à toutes ces éventualités, Moscou a appelé l’opposition ukrainienne à renoncer aux "menaces" et aux "ultimatums", et à "intensifier le dialogue avec les autorités pour que le pays sorte de la crise, en restant dans le cadre constitutionnel".

SaiLin


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