Monde

La Convention des Nations unies sur les droits des enfants insuffisamment appliquée

Selon la Fondation Kidsright

Témoignages.re / 13 juin 2016

Les 163 pays qui ont ratifié la Convention des Nations unies sur les droits des enfants sont indexés dans un rapport 2016 publié lundi par la Fondation internationale des droits des enfants, KidsRights, en collaboration avec l’université d’Erasmus à Rotterdam, sur le défaut d’application effective de ladite Convention pour la promotion des droits des enfants.

Le rapport de la Fondation KidsRights, qui établit un classement mondial annuel de la mise en application de la Convention sur les droits des enfants, note que les Etats signataires doivent accroître leurs efforts pour combattre la discrimination à l’égard des minorités, notamment les jeunes, les enfants vulnérables et marginalisés, les enfants réfugiés, les enfants migrants, les enfants handicapés, les enfants des rues et les enfants indigènes.

La Fondation KidsRights propose le besoin d’amélioration de la coopération entre les pays et la société civile encore peu développé dans de nombreux pays, tout en s’alarmant des menaces sur la sécurité, des harcèlements, des emprisonnements que les défenseurs des droits des enfants, les journalistes et les militants de la société civile subissent.

Plusieurs pays encouragent peu la participation des enfants. Aucun des 163 pays figurant dans le classement n’enregistre un meilleur score de participation des enfants à la vie publique, déplore la Fondation KidsRights, sur la non prise en compte des points de vue de 2,2 milliards d’enfants.

Dans le classement publié, la Norvège occupe le premier rang pour la seconde année consécutive. Le Top 10 des pays les plus engagés dans l’application de la Convention comprend le Portugal, l’Islande, l’Espagne, la Suisse, la Slovaquie, l’Irlande, la France, la Finlande et la Tunisie. La Suisse et la Finlande ont remplacé les Pays-Bas (maintenant 13e) et la Suède (maintenant 14e), respectivement dans le Top dix.

Le Top 10 des pays les moins engagés sont la Guinée, l’Angola, le Lesotho, la Guinée équatoriale, la Guinée-Bissau, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, le Tchad, l’Afghanistan, la République centrafricaine et le Vanuatu.

Le Mexique (de 102e à 37e), la Jamaïque (103e à 51e) et la Colombie (123e à 60e) méritent une mention honorable pour avoir progressé dans le classement de manière significative par rapport à celui de l’année dernière. Ces pays obtiennent une position relativement élevée, car ils ont amélioré de manière significative la promotion d’un environnement favorable pour les droits des enfants. Les trois pays ont alloué le meilleur budget disponible pour la concrétisation des droits des enfants et sur le respect du principe de l’intérêt supérieur de l’enfant.

Le Brésil (43e à 107e), les Émirats arabes unis (39e à 78e), la République dominicaine (68e à 96e) et l’Irak (120e à 149e), qui ont remarquablement régressé dans le classement par rapport à 2015, sont exhortés à faire plus pour améliorer les droits des enfants.

Le rapport note toutefois que les pays économiquement plus performants ne sont pas nécessairement en train de faire un meilleur travail en ce qui concerne la promotion des droits des enfants. A titre d’exemples, l’Italie (81e), le Canada (72e) et le Luxembourg (56e) sont invités à améliorer les infrastructures construites pour les droits des enfants. Ces pays riches sont en mesure d’investir dans les droits de l’enfant, mais ne parviennent pas à le faire suffisamment.

La Tunisie (10e) et la Thaïlande (21e) ,d’autre part, méritent une mention honorable à cet égard. Leur rang élevé dans le classement par rapport à leur situation économique est dû, dans une large mesure, aux bonnes performances dans la création d’un environnement favorable pour les droits des enfants. La Thaïlande, par exemple, a un bon classement du fait de sa législation nationale promouvant les droits de l’enfant.

La publication de ce classement met en lumière le fossé énorme entre les déclarations de bonnes intentions des décideurs politiques et l’impact de leurs politiques sur le quotidien des enfants depuis l’adoption de la Convention sur leurs droits 26 années plus tôt.


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