Monde

« La faim peut être éliminée de notre vivant »

Face à la famine dans le monde, l’O.N.U. appelle tous les États à relever "le défi Faim Zéro"

Témoignages.re / 28 août 2013

L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (Food and Agriculture Organization - la F.A.O.) vient de publier un document très important sur "le défi Faim Zéro" qui a été lancé par le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, comme un cri de ralliement pour tous. Ce document, intitulé « Le seul chiffre acceptable est zéro », souligne que « la vision est audacieuse et directe : “Éliminons la faim de notre vivant” ». Nous le publions ci-après.

La FAO, qui a placé l’éradication de la faim en tête de ses objectifs, soutient les efforts déployés par ses États membres en vue d’un monde libéré de la faim. En lançant son appel à l’action, le Secrétaire général de l’ONU a mis en avant l’exemple de la campagne "Faim Zéro" au Brésil, conçue et mise en œuvre partiellement par le Directeur général de la FAO, José Graziano da Silva, avant son élection à la FAO et qui a libéré 28 millions de personnes de l’extrême pauvreté. « Avec près de 900 millions d’affamés, aucune demi-mesure ne saurait être tolérée » , selon Graziano da Silva. « Avec la faim, le seul chiffre acceptable est le zéro ».

Tests de terrain pour un nouvel outil de mesure de la faim

La FAO a démarré des essais sur le terrain pour une nouvelle approche de mesure de la faim et de l’insécurité alimentaire. Cette initiative se déroule dans le cadre d’une collaboration avec la société de sondage Gallup, Inc.

Le projet, baptisé "Les voix des affamés", repose sur une échelle d’expérience de l’insécurité alimentaire. Il recueille des données annuelles à l’aide de huit questions posées aux répondants sur leur ressenti de l’insécurité alimentaire au cours des 12 mois précédents.

Les résultats permettront aux analystes de distinguer les différents niveaux d’insécurité alimentaire — de faible à modéré et à grave —, ce qui contribuera à définir le type de réponse nécessaire de la part de la communauté de développement. La collecte des données est déjà en cours en Éthiopie, et sera suivie de l’Angola, du Malawi et du Niger, avec des résultats préliminaires attendus pour fin novembre 2013.

L’idée est d’étendre l’enquête à plus de 160.000 personnes dans 150 pays, tous les ans, pendant au moins cinq ans. L’initiative devrait déboucher sur une nouvelle norme certifiée par la FAO pour le suivi de la sécurité alimentaire, qui pourrait être adoptée pour le suivi des objectifs de développement mondial et intégrée dans les enquêtes nationales de grande envergure sur les ménages. La nouvelle approche vient compléter l’indicateur existant de la FAO sur le pourcentage de personnes sous-alimentées dans une population.

La Journée mondiale de l’alimentation 2013 promeut des systèmes alimentaires sains

Cette année, la FAO mettra à profit la Journée mondiale de l’alimentation (JMA) pour promouvoir l’un des cinq piliers du "défi Faim Zéro". Le thème de sa campagne sera “Des systèmes alimentaires durables au service de la sécurité alimentaire et de la nutrition”.

Ce message sera transmis lors d’événements prévus dans plus de 120 pays et faisant appel à des moyens audiovisuels et autres, notamment des vidéos, des fiches d’information, de la documentation, des affiches, des interviews. La JMA soulignera la nécessité de revoir en profondeur nos systèmes alimentaires si l’on veut réduire la faim et la malnutrition, atténuer les effets de la production alimentaire sur les écosystèmes, assurer une bonne nutrition universelle et renforcer la durabilité de notre environnement.

Bien qu’il soit complexe, le thème en question touche tout un chacun. Célébrée chaque année le 16 octobre, la JMA marque l’anniversaire de la fondation de la FAO en 1945. Les informations sur cette campagne seront publiées au fur et à mesure de leur disponibilité à l’adresse www.fao.org/worldfoodday

Rapport : éradiquer la faim et la malnutrition

L’éradication de la faim doit aller de pair avec des efforts considérables pour mettre fin à la malnutrition et à ses effets dévastateurs. Tel est le message principal de la dernière livraison de la publication phare de la FAO, “La situation mondiale de l’alimentation et l’agriculture 2013”, qui met l’accent cette année sur les systèmes alimentaires pour une meilleure nutrition.

« Le message de la FAO est qu’il nous faut cibler rien de moins que l’éradication de la faim et de la malnutrition » , a déclaré le Directeur général, José Graziano da Silva. Pour plus d’informations, visiter www.fao.org/news

Halte au gaspillage alimentaire, hâtons la fin de la faim

Le mercredi 5 juin marque la célébration de la Journée mondiale de l’environnement : une occasion pour tout un chacun de réagir face au problème urgent du gaspillage et des pertes alimentaires. “Pensez. Mangez. Préservez” est le thème de la campagne récemment lancée par la FAO et le PNUE pour encourager les gens à réduire leur “empreinte alimentaire” en optant pour des choix mieux informés.

Chaque année, 1,3 milliard de tonnes de nourriture sont gaspillées alors que, dans le même temps, un habitant de la planète sur sept va se coucher le ventre creux et plus de 20.000 enfants de moins de cinq ans meurent de faim chaque jour. C’est pour cela que le gaspillage et les pertes alimentaires constituent l’une des cibles principales du défi Faim Zéro.

Pour plus d’informations sur la campagne “Pensez. Mangez. Préservez”, cliquer sur : www.thinkeatsave.org

La FAO souligne le potentiel de la coopération Sud-Sud

Le 20 août 2013, le Directeur général de la FAO, José Graziano da Silva, a souligné le potentiel de la coopération Sud-Sud et a réitéré l’engagement de l’Organisation « à renforcer et à canaliser les échanges entre l’Amérique latine et l’Afrique sub-saharienne dans le but d’adopter, adapter et élargir les meilleures pratiques qui favorisent le développement agricole ».

 ?M. Graziano da Silva co-présidait la deuxième réunion des ministres de l’Agriculture d’Afrique sub-saharienne et d’Argentine sur le thème "Une agriculture efficace pour un développement agricole durable". Les ministres se sont réunis pour renforcer la coopération Sud-Sud agricole entre pays émergents.

 ?« Il est temps pour l’Amérique latine d’augmenter sa contribution au développement de l’Afrique » , a déclaré Graziano soulignant l’opportunité de renforcer dans les deux sens la coopération agricole entre les pays qui font face aux mêmes défis et partagent les mêmes caractéristiques géographiques, climatiques et sociales.

Meilleure coordination des politiques

Il a également souligné que la coopération internationale et multipartite joue un rôle crucial pour relever le défi Faim Zéro, lancé par le Secrétaire général Ban Ki-moon.

 ?Dans ce contexte, le Directeur général de la FAO a salué l’exemple de la réunion de haut niveau des dirigeants africains et internationaux qui s’est tenue en juillet dernier à Addis-Abeba, sous les auspices de l’Union africaine, de la FAO et de l’Institut Lula. Au cours de la réunion, les chefs d’État et de gouvernement ainsi que des représentants d’organisations internationales, d’organisations de la société civile, du secteur privé, des coopératives, des agriculteurs, des jeunes, des universitaires et d’autres partenaires ont adopté à l’unanimité une déclaration pour éradiquer la faim en Afrique d’ici à 2025 et qui appelle à une meilleure coordination des politiques visant à promouvoir le développement agricole durable et la protection sociale.

« Mise en pratique des connaissances »

Norberto Yauhar, le ministre argentin de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche, a salué le rôle que joue la FAO dans la promotion de la coopération internationale, et a exprimé le ferme engagement de son gouvernement à renforcer les relations bilatérales et la coopération avec les pays africains.

« En Argentine, nous développons notre Programa Agricultores sin Fronteras (Programmes agricoles sans frontières) comme un moyen de partager activement nos expériences et les leçons apprises avec d’autres pays » , a-t-il dit. « La coopération réelle doit se baser sur la mise en pratique des connaissances », a ajouté Yauhar.

Coopérer est essentiel

Graziano da Silva a souligné la nécessité d’une coopération internationale pour lutter contre la faim.? « La coopération internationale joue un rôle important dans la réalisation d’un avenir durable libéré de la faim que nous souhaitons tous, car, dans le monde globalisé dans lequel nous vivons aujourd’hui, il est impossible de parvenir à l’éradication de la faim et de l’extrême pauvreté sans nous mettre au travail tous ensemble » , a déclaré le directeur général.?? Dans le contexte international, la coopération Sud-Sud a gagné en importance ces dernières années et propose une façon différente de travailler.

Depuis la création en 1996 de l’initiative de la FAO coopération Sud-Sud, plus de 50 accords de coopération Sud-Sud ont été signés et plus de 1.600 experts et techniciens des pays en développement ont été déployés pour appuyer les initiatives de sécurité alimentaire dans d’autres pays.


Kanalreunion.com