Monde

La France engagée dans la guerre au Mali

2013 sera plus dur que 2012

Témoignages.re / 14 janvier 2013

Deux semaines après avoir annoncé la fin des interventions africaines de l’armée française pour soutenir un régime, le chef de l’État a fait un spectaculaire revirement. Il a donné satisfaction au président du Mali. Depuis vendredi, l’armée française soutient un régime issu d’un coup d’État. Au premier jour de cette offensive, déjà 100 morts, dont un soldat français. Cette guerre est le premier événement confirmant une année 2013 plus difficile qu’en 2012.

A peine un an après l’effondrement du gouvernement libyen sous les coups de boutoir des armées de l’OTAN, la France s’est de nouveau engagée dans une guerre en Afrique. Face à elle, des combattants, dont une partie est le résultat de la guerre lancée par Sarkozy contre la Libye. L’armée libyenne comprenait en effet des contingents venus de plusieurs pays d’Afrique centrale, parmi eux, des Maliens. Avec l’établissement d’un régime pro-occidental, cette armée s’est dispersée avec son équipement et ses armes.

Depuis début 2012, l’armée malienne est engagée contre les rebelles touaregs et les djihadistes dans le Nord du pays. Elle subit revers sur revers, la colère gronde, le pouvoir est jugé responsable des échecs des militaires.

Le 21 mars 2012, des soldats attaquent et investissent le palais du président de la République. Les putschistes destituent le président élu. Le président de l’Assemblée nationale est nommé à sa place.

Ce coup d’État ne renverse pas la situation au profit de l’armée malienne. Bien au contraire, les rebelles s’emparent de tout le Nord du pays. Les djihadistes saccagent les tombeaux de saints musulmans. Une part du Patrimoine mondial est perdue à jamais.

Des divisions se font jour entre les djihadistes membres d’Al Qaeda et les rebelles touaregs qui refusent l’imposition de la charia dans les villes conquises.

Après avoir pris le dessus sur les touaregs dans le Nord, les djihadistes reprennent l’offensive. Le 10 janvier, ils s’emparent d’une ville à 600 kilomètres de Bamako. L’armée malienne recule, les jours du gouvernement issu du coup d’État sont comptés. Malgré son illégalité, ce dernier est tout de même soutenu par l’Union africaine, par une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU, ainsi que par la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). L’Union africaine prépare d’ailleurs une force d’interposition. Mais l’effondrement prévisible à court terme du régime du coup d’État va accélérer les événements.

En effet, le 11 janvier, le président de la République répond favorablement à l’appel à l’aide des putschistes. L’armée française décide donc d’intervenir dans la guerre au Mali. En une journée, une centaine de morts sont à déplorer, dont un soldat français.

La participation de l’armée française est la première confirmation d’une année 2013 plus difficile que 2012. Car pour soutenir sa participation à ce conflit, la France va devoir voter des crédits de guerre. Ce qui sera affecté à ce conflit sera forcément pris ailleurs. Alors que ses finances sont exsangues, la France est désormais en première ligne dans la guerre face à Al Qaeda en Afrique de l’Ouest. Ce n’est pas demain qu’elle sortira de ce guêpier.

« Ce temps-là est terminé »

Le 27 décembre, François Hollande ordonne à l’armée française de rester l’arme au pied en Centrafrique alors que des rebelles menacent de faire tomber un gouvernement.

27 décembre : les rebelles contrôlent désormais le tiers de la Centrafrique. Le chef de l’État demande à Paris d’intervenir pour soutenir l’armée centrafricaine. La veille, des manifestants s’étaient rassemblés devant l’Ambassade de France. Puisque le gouvernement français refusait d’intervenir dans la guerre civile, alors ils demandaient aux Français de partir.

En réponse à la demande du Président Bozizé, François Hollande fit cette déclaration le 27 décembre : « la France n’est pas présente en Centrafrique pour protéger un régime ». « Si nous sommes présents […], c’est pour protéger nos ressortissants et nos intérêts », a ajouté le chef de l’État. « Et en aucune façon pour intervenir dans les affaires intérieures d’un pays. Ce temps-là est terminé ». Rebelles et gouvernement ont décidé de discuter, sous l’égide de la Communauté économique des États d’Afrique centrale (CEEAC). Vendredi dernier à Libreville, un accord prévoit un gouvernement de transition pendant 12 mois dirigé par un membre de la rébellion, et des élections au terme de la transition. Le Président Bozizé pourra finir le mandat pour lequel il a été élu, mais il ne pourra pas révoquer le Premier ministre.

Cet accord permet de faire taire les armes.


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