Monde

La France paralysée par la neige

Événement climatique inhabituel au mois de mars

Céline Tabou / 14 mars 2013

Des chutes de neige exceptionnelles pour la saison se sont abattues dans le nord-ouest de l’Europe, entraînant l’arrêt des trains et du trafic aérien, ainsi que des milliers d’automobilistes bloqués. La France, la Grande-Bretagne, la Belgique, les Pays-Bas et l’Allemagne sont les plus touchés par ces intempéries inhabituelles.

Cette vague de froid a créé la cacophonie en France : routes bloquées, transports paralysés, foyers sans électricité, Météo France a placé 19 départements d’un tiers nord de la France en vigilance orange, en raison d’un « verglas très fréquent » sur les routes, mercredi 13 mars. L’ensemble des départements du nord et l’ouest sont concernés par cette catastrophe naturelle « remarquable pour la saison », car les chutes ont atteint de 10 à 30 centimètres en plaine.

Des conséquences considérables

La circulation des trains à grande vitesse a été interrompue jusqu’à mercredi matin et la SNCF a conseillé mardi aux voyageurs de différer leurs déplacements. Le trafic aérien est fortement perturbé tout comme les compagnies de ferry sur la Manche qui ont suspendu le transport des poids lourds en provenance de Grande-Bretagne. Une majeure partie des écoles et lycées du nord de la France ont été fermés, faute de transports scolaires et des routes impraticables.

Dans l’ouest de la France, deux personnes sont décédées à cause du froid. Face à cette situation, les services météorologiques ont déclenché pour la première fois une « alerte rouge neige », appelant les habitants à rester chez eux en raison d’un vent violent et de la présence de congères. Le gouvernement a de son côté lancé la Cellule interministérielle de crise, destinée à coordonner les moyens des pouvoirs publics, et à prolonger de deux semaines la trêve hivernale des expulsions locatives qui devaient d’achever le 15 mars.

ERDF, filiale d’EDF gestionnaire du réseau public de distribution d’électricité, a annoncé la privation d’électricité dans le nord et l’ouest depuis le 11 mars et dans le sud-ouest depuis mercredi 13 mars. Pour Jean-Marc Ayrault, « le rétablissement de l’électricité est une priorité », car de nombreuses zones sont touchées comme la Normandie (35.000 foyers privés d’électricité), les Pyrénées Atlantiques (27.000), la Bretagne (4.000), les Landes (2.000) et les Hautes-Pyrénées (1.000). De plus, 2.500 véhicules sont bloqués dans la Somme depuis mardi 12 mars et 700 autres dans la Manche.

Une «  situation sous contrôle  »

Le Premier ministre a prévenu mercredi 13 mars, après avoir présidé une nouvelle réunion de la cellule interministérielle de crise au ministère de l’Intérieur, qu’il y avait « encore 48 heures difficiles » à passer même si « l’épisode neigeux est en train de s’estomper » et que « la situation est sous contrôle ».

Pour ce qui est dégâts financiers , « je ne pense pas que les conséquences économiques seront dramatiques », a estimé Jean-Marc Ayrault, lors d’un point presse. Ce dernier a assuré que « le gouvernement a tiré l’enseignement de la même crise qui s’était produite en décembre 2010 et qui n’avait pas été gérée de façon très efficace. La polémique ne m’intéresse pas », lors d’une allocution à la sortie du Conseil des ministres.

« Ce que je constate c’est que la gestion du précédent gouvernement en 2010 n’avait pas été optimale (...) la cellule de crise activée par Premier ministre est une vielle procédure qui aurait pu être activée en 2010 et ne l’avait pas été. Simple constat, je ne cherche pas à polémiquer », a de son côté, surenchéri la porte-parole du gouvernement Najat Vallaud-Belkacem lors du point presse. Dans un tel contexte, le gouvernement envisagerait d’améliorer les transports afin d’anticiper de telle catastrophe naturelle ; d’où la mention de la nécessité de construire le Grand Paris, évoqué par Jean-Marc Ayrault.

Céline Tabou


Kanalreunion.com