Monde

La Grèce bloquée par la troïka

Crise économique

Céline Tabou / 29 septembre 2011

Accusée de ne pas faire assez d’efforts pour réduire son déficit public, la Grèce annonce chaque semaine de nouvelles mesures qui, au final, pèseront sur les classes moyennes et les démunis. Cependant, les autorités attendent le retour de la troïka (Union européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international) dont dépend le versement d’une nouvelle tranche d’aide de 8 milliards d’euros, vitale pour la Grèce.

Jean-Claude Juncker, chef de file des ministres des Finances de la zone euro, a déclaré mardi 27 septembre, lors d’une audition au Parlement européen, que « la troïka retournera demain (mercredi) ou après-demain (jeudi) à Athènes ». Ce retour signifiera qu’ils sont à présent peu ou prou satisfaits des mesures annoncées par Athènes. Cependant, Jean-Claude Juncker a exclu toute décision sur le déblocage du second versement du premier plan d’aide et rappelle que, lundi 3 octobre, les ministres des Finances de la zone euro se réuniront à Luxembourg.

La pression monte pour le gouvernement

Bien décidés à satisfaire le FMI, la BCE et l’UE, les députés grecs ont approuvé (154 “pour” sur 300), mardi 27 septembre, une nouvelle taxe immobilière, jugée essentielle à la réussite du nouveau plan d’austérité. Las des mesures prises par les autorités, les Grecs sont dans la rue, où des heurts ont opposé un millier de manifestants aux forces de l’ordre devant le Parlement.

Mercredi 28 a été le troisième jour de grèves dans tous les transports en commun, créant un embouteillage monstre en raison de l’arrêt des transports (métros, bus, trolleys et trams, mais aussi taxis). Dans la ligne des manifestations, les retraités et les employés municipaux protestent contre le durcissement de la rigueur dans le pays. Chaque jour, depuis des semaines, les différents secteurs d’activités du pays manifestent dans les rues d’Athènes contre les trois plans de rigueur imposés et les mesures décidées depuis 2010.

En dépit des manifestations et déclarations de protestation, le gouvernement est décidé à tenir bon, le ministre grec des Finances, Evangelos Venizélos, a de nouveau exclu tout recul mardi 27 septembre, selon “Le Monde”, notamment parce que le FMI et la zone euro ont exigé l’engagement écrit du gouvernement d’administrer la purge prescrite, menaçant sinon de ne pas verser la sixième tranche du prêt consenti en mai 2010, destiné à éviter la cessation de paiement.

Demande de soutien de Papandréous

En déplacement à Berlin, le chef du gouvernement, George Papandréous, a rencontré la chancelière allemande Angela Merkel, et a réclamé le soutien de ses partenaires européens. Ce dernier a indiqué que la Grèce « remplirait à coup sûr ses obligations et que le pays visait un déficit primaire de zéro à partir de 2012 », cite le “NouvelObs’.

De son côté, Angela Merkel a répété que la coalition au pouvoir à Berlin obtiendrait le vote du renforcement des pouvoirs du fonds de sauvetage Fonds européen de stabilité financière, jeudi 29 septembre, sans faire appel aux voix de l’opposition. Angela Merkel a ajouté que l’Allemagne voulait une Grèce forte et que le pays « fera tout ce qui est nécessaire » pour y arriver. Toutefois, la Grèce devra remplir ses obligations pour obtenir le quitus de ses bailleurs de fonds réunis au sein de la troïka, a cité le quotidien.

Exprimant son soutien à la Grèce, José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, a déclaré dans un discours devant le Parlement européen que la Grèce « restera dans la zone euro » malgré la crise de la dette dans laquelle elle se débat. « Les pays européens continueront de se montrer solidaires avec Athènes. La Grèce doit répondre à ses engagements pleinement et dans les temps » en matière de réduction du déficit national, a-t-il indiqué.

Céline Tabou


La taxe des transactions financières acceptées ?

Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a proposé mercredi l’instauration d’une taxe sur les transactions financières, qui pourrait rapporter jusqu’à 55 milliards d’euros par an. Cette proposition devrait entrer en vigueur en 2014. « Au cours des trois dernières années, les États membres ont accordé des aides et fourni des garanties au secteur financier à hauteur de 4.600 milliards d’euros. Il est temps qu’en retour, le secteur financier apporte sa contribution à la société », a affirmé M. Barroso lors de son discours sur l’état de l’Union au Parlement européen, à Strasbourg.

L’Europe sera la seule à se lancer dans la taxation des transactions financières. En effet, l’UE a reçu des refus de la part des États-Unis et d’autres grands partenaires. La Commission financière européenne a accepté cette proposition législative, la taxe verrait une partie de son produit alimenter le budget de l’Union européenne, avec en contrepartie une baisse équivalente des contributions nationales à cette enveloppe, a indiqué l’“AFP”. « L’idée est de faire contribuer le secteur financier, qui est dans une situation fiscale privilégiée grâce à l’exemption de TVA dont il bénéficie, ce qui lui fait économiser 18 milliards d’euros par an en Europe », a indiqué une source européenne interrogée par l’“AFP”.

Les 27 membres devront débattre sur cette question, et si l’unanimité n’est pas obtenue, une procédure de coopération renforcée pourrait être mise en œuvre entre plusieurs États. La taxe pourrait alors être appliquée uniquement au sein de la zone euro, comme l’ont suggéré récemment les ministres allemand et belge des Finances, Wolfgang Schäuble et Didier Reynders.


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