Monde

La Grèce ne tiendra pas ses objectifs

L’Europe s’enfonce dans la crise

Céline Tabou / 4 octobre 2011

Le gouvernement grec a reconnu lundi qu’il ne serait pas en mesure de respecter l’objectif de réduction de son déficit à 6,5% du PIB en 2012, mais devrait atteindre 6,8%. De même, la dette grecque devrait correspondre à 172,7% du PIB, soit 371,9 milliards d’euros.

Quelques heures après l’annonce du gouvernement grec, les ministres des Finances de la zone euro se sont réunis, au Luxembourg, afin d’accroitre la pression sur la Grèce pour que les réformes décidées avec l’Union européenne (UE) et le Fonds Monétaire International (FMI) soient mises en œuvre de manière « plus résolue ». Cependant, le gouvernement grec s’attend désormais à ce que son déficit atteigne 8,5% du PIB cette année, bien que l’Union européenne et le FMI avaient demandé qu’il ne dépasse pas 7,6% du PIB.

Loin des espérances de la troïka

La réunion interministérielle s’est ouverte sur l’annonce par les autorités grecques d’un nouveau dérapage des finances publiques. En effet, le pré-projet de budget 2012, déposé lundi au Parlement grec, confirme l’état désastreux des finances du pays. Selon les prévisions, la Grèce devrait traverser sa quatrième année consécutive de récession en 2012. Le produit intérieur brut (PIB) devrait se contracter de 2,5% sur l’année.
« En raison de la poursuite de l’assainissement de l’économie grecque et de la récession importante de 2011, avec une contraction attendue du PIB de 5,5%, le rythme de l’économie doit continuer à être négatif en 2012 avant une reprise prévue en 2013 » a indiqué le pré-rapport du ministère des Finances grecques.
Toutefois, le but pour le gouvernement socialiste de Georges Papandréou est d’obtenir le versement d’un prêt de huit milliards d’euros, qui correspond à la sixième tranche du plan d’aide de 110 milliards d’euros décidé en mai 2010 par la zone euro et le FMI pour empêcher une faillite du pays. Face aux difficultés persistantes pour le gouvernement d’atteindre les premiers objectifs fixés en mai 2010, un second plan d’aide a été promis, le 21 juillet 2011, de 109 milliards d’euros, qui ne pourra être octroyé qu’une fois adopté par chacun des Etats.

Baisse de l’euro

Face à la possibilité d’une faillite de la Grèce, les financiers craignent que la crise européenne s’étende sur de longs mois. « Une crise prolongée signifie que l’euro va continuer à glisser », a indiqué Imre Speizer, stratégiste chez Wastpac Banking, le deuxième prêteur d’Australie, et cité par Bloomberg, au quotidien "Les Echos".
L’euro est passé sous le seuil de 1,34 dollar pour la première fois depuis la fin du mois de janvier. A 14h30, heure de France, selon "Les Echos", l’euro s’échange contre 1,3320 dollar, en repli de 1%. Le ministre grec des Finances, Evangelos Venizelos a annoncé de nouvelles mesures budgétaires, en particulier la mise au chômage technique de 30.000 fonctionnaires, qui verront leurs salaires réduits drastiquement avant une suppression de leur emploi à terme. Malgré ces annonces, les marchés restent incertains, entrainant à la baisse les bourses mondiales et la valeur de la monnaie unique.

Céline Tabou


La Grèce : un "exemple" pour les pays européens ?

Les mesures d’austérité prises par le gouvernement grec pourraient donner des idées aux dirigeants européens, qui pourrait mettre en place les mêmes mesures, ou plus drastiques, voyant que la contestation n’arrive pas à ébranler le pouvoir.
En effet, suppression de près de 30.000 postes dans la Fonction Publique, baisse des salaires, travail obligatoire, baisse des retraites, hausse de la TVA, hausse de la taxation et de certains impôts… Ce sont les classes modestes et pauvres qui paient la crise économique et financière créée par les financiers et certains hauts dirigeants.


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