Monde

La Grèce veut conserver sa souveraineté

Discours de politique générale d’Alexis Tsipras

Céline Tabou / 11 février 2015

Le nouveau gouvernement a présenté pour la première fois son programme devant le Parlement. Pour le Premier ministre Alexis Tsipras, « la décision inébranlable du gouvernement est d’honorer toutes ses promesses », il s’agit d’une « question d’honneur et de respect ».

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Présentation de la politique générale du nouveau gouvernement au Parlement grec. Alexis Tsipras à droite.

Alexis Tsipras, Premier ministre de la Grèce, a présenté son programme devant le Parlement. Ainsi « la réhabilitation de la souveraineté populaire, la restauration de l’égalité de notre pays dans l’UE, la sortie de la crise humanitaire que connaît notre pays, la justice sociale et la renaissance culturelle, voilà les objectifs du gouvernement de salut social que nous avons constitué », a annoncé le Premier ministre, selon la traduction fournie par le quotidien L’Humanité.

Une nouvelle politique économique

Dimanche, à l’occasion de son discours de politique générale prononcé devant les 300 nouveaux élus du Parlement, le Premier ministre grec a réaffirmé sa volonté de mettre fin à l’austérité et à négocier un allégement de la dette. Ce dernier a assuré « le respect des objectifs budgétaires du Pacte de Stabilité et de Croissance est une obligation européenne du pays. Mais l’austérité non ».
Il a ajouté que « le nouveau gouvernement n’a pas le droit de demander une extension du mémorandum. Parce qu’il n’a pas le droit de demander une prolongation de l’erreur et de la destruction ».
Alexis Tsipras a évoqué l’ensemble de ses mesures parmi lesquelles : « plusieurs milliers de foyers bénéficieront de dons de nourriture et d’une gratuité de l’électricité » et « les fonctionnaires licenciés illégalement seront à nouveau engagés dans l’administration ». Il a également annoncé le rétablissement de la télévision publique ERT, et « le rétablissement graduel, d’ici 2016, du salaire minimum de 580 à 750 euros ».
Assurant que la Grèce allait honorer le service de sa dette mais que l’austérité ne constituait pas une des « obligations européennes de son pays », d’autant plus qu’il souhaite parvenir à un équilibre budgétaire. D’ici quinze jours, il présentera un « programme-relais » qui permettra à son gouvernement de négocier d’ici le mois de juin un plan d’aménagement de la dette et un nouveau calendrier de réformes.
Athènes a décidé de renoncer à la tranche de 7 milliards d’euros que devait lui verser la troïka, préférant 1,9 milliard d’euros que la BCE lui doit au titre des intérêts perçus sur la gestion de ses titres de dette grecque. Pour compenser la différence, le ministre des Finances Yanis Varoufakis a proposé d’émettre de la dette à court terme pendant les prochains mois.

Ne pas reculer face aux Européens

Dans une interview lundi à la télévision italienne, Rai, Yanis Varoufakis s’est dit « conscient du devoir » du gouvernement grec de trouver « une solution » avec ses partenaires européens. A la veille de l’Eurogroupe extraordinaire sur la Grèce aujourd’hui à Bruxelles, Yannis Varoufakis va entamer cette période de négociation avec « en tête la demande du peuple de pas reculer et en même temps notre devoir de trouver une solution ».
Ce dernier a expliqué devant le Parlement, dimanche, que « l’intérêt de l’Européen moyen et celui du Grec moyen » se confondent. Raison pour laquelle, le plan proposé par la Grèce pourrait, d’après l’agence de presse Reuters, permettre de réconcilier deux contradictions apparentes : « les règles européennes » et le “mandat” du gouvernement.
La Grèce s’est dit prête à s’engager sur « 70 % des réformes contenues dans le mémorandum existant », qui correspond à une série de mesures de restructuration de l’économie grecque supervisé depuis 2010 par les bailleurs de fonds du pays en échange d’un programme de prêts internationaux. En contrepartie, « 30 % des réformes qui nous semblent inacceptables sont suspendues ou annulées ».
De son côté, la chancelière allemande Angela Merkel a appelé Athènes à soumettre aux Européens des « propositions viables » sur sa dette publique et le sort des programmes d’aide internationaux. Pour cette dernière, les règles « de base » n’ont pas changé, d’un côté, « vous faites des efforts » et de l’autre « vous recevez de la solidarité. C’est une contrepartie ».


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