Monde

La Liberté, enjeu des peuples soumis

Forum social mondial

Céline Tabou / 9 février 2011

A l’occasion du 11ème Forum social mondial qui se tient à Dakar jusqu’au 11 février, les délégués de 125 pays ont mis en avant la thématique des diasporas africaines et les enjeux humains, politiques et économiques liés aux politiques migratoires mondiales.

Trois axes de réflexion sur la politique migratoire

Lors d’un atelier sur la politique migratoire, les intervenants ont exposé trois axes majeurs permettant d’approfondir la réflexion, développée lors du Forum 2010 sur les Immigrés, « une autre politique migratoire est possible ». Parmi ces axes, les « migrants et les demandeurs d’asile dans l’espace maghrébin » afin de comprendre la situation des migrants qui y sont installés et qui transitent souvent dans les pays du Maghreb pour se rendre en Europe. De plus, il s’est agi d’étudier les législations en vigueur et les pratiques des autorités des pays du Maghreb, qui expulsent, torturent, menacent et tuent des milliers de migrants.
Comme a témoigné Spitou Mendy, Sénégalais vivant à Almeria, en Espagne, depuis quatorze ans, durant une table ronde sur les politiques migratoires, et retranscrite par le quotidien “AufaitMaroc”, « Je suis resté quatre années sans papiers. En 2004, quand ma situation a été régularisée, j’ai voulu procéder au regroupement familial. En 2006, la Préfecture a accepté, mais c’est au Sénégal qu’il y a eu un problème. Ma femme et une de mes filles ont eu un visa, mais pas mes deux autres filles… ».
Le second axe porte sur « l’externalisation des frontières de l’Union européenne et ses conséquences sur les droits des migrants », et enfin « l’impact du travail associatif dans le soutien et l’accompagnement des migrants des deux côtés de la Méditerranée. Comment établir et renforcer les ponts et les partenariats pour renforcer l’action associative citoyenne et faire converger les efforts et les luttes des mouvements sociaux ».

Lutter et informer les migrants

Porte-parole de l’ONG française “Ministère de la régularisation de tous les sans-papiers”, Sissoko Anzoumane explique qu’il est important pour les migrants et ceux aspirant à faire le voyage que les responsabilités des expulsions des migrants sont également imputées aux pays du Sud. « Ce n’est pas la France, ce n’est pas l’Europe qui fournit des laissez-passer permettant d’expulser les sans-papiers. Ce sont nos autorités, en Afrique, qui les signent ! C’est ce qu’on est venu rappeler aux populations africaines et aux dirigeants africains », a-t-il indiqué au “AufaitMaroc”.
L’objectif est de sensibiliser les populations locales aux politiques migratoires, mais aussi d’expliquer, de raconter son expérience, afin que chacun sache ce qui se passe, et comment les migrants sont traités en Europe, entre autres.

Céline Tabou


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