Monde

La zone euro ne sortira pas de la crise

La BCE revoit ses prévisions à la baisse

Céline Tabou / 9 mars 2013

Dans un contexte de crise économique, le président de la Banque Centrale Européenne (BCE) reste confiant quant à la reprise de l’économie dans la zone euro. Avec des prévisions de croissance à la baise, un taux de chômage qui explose, Mario Draghi en appelle à la responsabilité des gouvernements.

En effet, selon le président de la BCE, Mario Draghi, les États doivent mettre en place des réformes en profondeurs pour relancer la croissance et diminuer le chômage. Cependant, le contexte ne donne pas de perspectives roses. Comme l’a indiqué la Commission européenne, « la faiblesse actuelle de l’activité économique devrait avoir un impact négatif sur le marché du travail ».

Croissance en berne, chômage en hausse

La Banque centrale européenne a revu à la baisse ses prévisions de croissance en zone euro pour 2013 et 2014. Selon des chiffres présentés par Mario Draghi, la banque prévoit une contraction de 0,5% en 2013 contre un recul de 0,3% prévu jusqu’à présent. De plus, la hausse du PIB devrait être limitée à 1% en 2014 contre 1,2%.

Se voulant rassurant, Mario Draghi a indiqué que « des données et indicateurs récents indiquent que l’activité économique devrait se stabiliser dans la première partie de l’année ». Ce dernier a également rappelé qu’une «  reprise graduelle  » était attendue à partir du second semestre, cependant l’institution a maintenu sa prévision d’inflation en zone euro pour 2013, à 1,6%, mais a abaissé de 0,1 point de pourcentage sa prévision pour 2014, à 1,3% à présent.

«  Les perspectives d’inflation vont nous permettre de maintenir une politique monétaire accommodante  », a déclaré Mario Draghi. En effet, afin de soutenir la reprise économique dans la zone euro, le président de la BCE compte sur une relance de la consommation, mais aussi offrir autant de liquidités que le demandent les banques. Pour ce dernier, le refoulement des banques permettra de stabiliser une situation encore fragile dans la zone euro, malgré l’amélioration de la crise de la dette ces derniers mois.

«  Il faut distinguer le court terme du moyen terme. Et à moyen terme, nous continuons de voir un début de reprise graduelle  », a indiqué Mario Draghi. Malgré des chiffres du chômage et de croissance «  décevants  », ce sont aux gouvernements de mettre en place des réformes nécessaires pour sortir de la crise, a expliqué Mario Draghi. Avec un taux de chômage de 11,9%, en janvier, dans la zone euro, le président de la BCE a qualifié cette situation de «  tragédie  » tout en dénonçant les législations qui font porter « tout le poids de la flexibilité du travail sur les jeunes ».

En effet, parmi les 18,998 millions de sans emploi dans la zone euro, ce sont 5,732 millions de jeunes de moins de 25 ans qui sont les plus touchés a annoncé l’institut Eurostat. De son côté, le président du Parlement européen Martin Schulz a vivement critiqué « le peu d’argent consacré à la lutte contre le chômage des jeunes », dans un entretien au quotidien économique allemand Handelsblatt. « Où est passé le Pacte de croissance adopté l’an dernier ? », s’est-il interrogé.

Diminuer les taux

« Notre politique monétaire restera accommodante aussi longtemps que nécessaire. Nous maintiendrons le système de prêts aux banques à taux fixe et pour des quantités illimitées aussi longtemps qu’il le faudra », a affirmé le président de l’institution. Désireux de rassurer la communauté financière, la BCE n’a fait aucune promesse en ce qui concerne l’ « économie réelle ».

L’institution a laissé son principal taux directeur inchangé jeudi 7 mars, à 0,75%, malgré la conjoncture actuelle. Les taux directeurs sont des taux d’intérêt fixés par la banque centrale d’un pays ou d’une union monétaire qui permettent à celle-ci de réguler l’activité économique. D’après certains analystes, cités par “Les Echos”, la baisse de ces taux aurait été envisagée croyant que la BCE opterait une nouvelle fois pour le statu quo.

Mais « la priorité est de compenser le dysfonctionnement du mécanisme de transmission (de la politique monétaire), en régénérant ces parties de la zone euro qu’une baisse de taux ne peut pas atteindre, plutôt que d’accorder davantage de stimuli à des pays qui en profitent déjà » comme l’Allemagne, ont estimé Richard Barwell et Xinying Chen de RBS, dans “Les Echos”. D’autant plus que le niveau de l’euro a baissé ces dernières semaines, allégeant ainsi la pression politique pour une baisse de la monnaie unique.

Céline Tabou

Les Allemands durcissent le ton avec l’Italie

Face aux questions concernant l’Italie, le président de la BCE, Mario Draghi, a indiqué que « la BCE ne peut pas — et ne voudra pas — faire quelque chose pour aider l’Italie, même si ses taux s’envolent », si le pays n’est pas prêt à faire appel à l’aide de ses partenaires et à se soumettre en contrepartie au plan de réformes structurelles et budgétaires qu’ils lui dicteront, a estimé à l’agence de presse AFP, Christian Schulz, de la banque allemande Berenberg.

L’incertitude politique en Italie « pèse sur la confiance économique et pourrait retarder le retour des investissements, la fin de la récession  » et notamment faire s’évanouir l’effet apaisant du nouveau programme de rachat de dette publique annoncé par la BCE en septembre, a ajouté ce dernier.


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