Monde

Lac Tchad : répondre au mieux aux besoins croissants

Actions humanitaires de la Croix-Rouge

Témoignages.re / 11 mars 2015

La violence qui sévit au Nigéria tue et force des centaines de milliers de personnes à fuir leur pays ; de plus, elle déborde dans les pays voisins, le Tchad, le Niger et le Cameroun, où la situation humanitaire se détériore également. Dans toute la région du lac Tchad, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) distribue aux personnes déplacées des vivres et des articles ménagers de première nécessité, et aide les structures médicales à faire face à l’afflux de blessés.

Des mois après le début du conflit, des centaines de milliers de personnes déplacées par la violence ont trouvé refuge dans des endroits tels que Maiduguri, Yola et Gombe, dans le nord-est du Nigéria. Certaines se sont installées dans des écoles, des bâtiments publics et des camps de déplacés. D’autres séjournent chez des proches et des familles d’accueil, et font peser une pression supplémentaire sur les communautés qui vivent déjà dans des conditions extrêmement précaires.
 
« Nous sommes de plus en plus préoccupés par l’impact que le conflit a sur des milliers de familles », déclare Karl Mattli, chef de la délégation du CICR au Nigéria. « Nombre de personnes touchées dans le nord-est du Nigéria ont dû parcourir de longues distances pour se mettre en lieu sûr, et elles ont aujourd’hui du mal à satisfaire leurs besoins essentiels. L’aide que nous avons fournie permettra d’améliorer leurs conditions de vie, mais ce n’est guère suffisant. Il reste beaucoup à faire.
 

Pression accrue sur les communautés d’accueil

 
Ceux qui sont arrivés à Maiduguri ces dernières semaines fuyaient, pour la plupart, Baga, théâtre de violents combats à quelque 220 km. « Ils n’avaient généralement pas de quoi acheter des vivres ou d’autres produits de base », explique Janet Angelei, spécialiste CICR de la sécurité économique en poste au Nigéria. Ils étaient tributaires de la solidarité et de la générosité des communautés d’accueil qui ont déjà du mal à joindre les deux bouts, et sur l’aide humanitaire. Depuis décembre 2014, le CICR et la Croix-Rouge du Nigéria ont acheminé des vivres et des articles ménagers essentiels aux personnes déplacées : 27 000 personnes à Maiduguri, 12 000 personnes à Yola, 6 000 à Gombe, 3 000 à Jos et 5 000 à Kano.
 
De plus, faute d’installations sanitaires et d’une capacité suffisante de stockage de l’eau dans les camps de Maiduguri, une diarrhée aiguë s’est propagée parmi cette population vulnérable. Le CICR a construit des latrines et amélioré l’accès à l’eau potable en augmentant la capacité de stockage de l’eau dans cinq camps, qui desservent plus de 3 000 personnes.
 
D’innombrables familles ont été dispersées en raison du conflit, ayant dû fuir dans des directions différentes, et de nombreux enfants ont été séparés de leurs parents. Les collaborateurs du CICR et de la Croix-Rouge du Nigéria ont enregistré les mineurs non accompagnés dans les communautés déplacées à Yola, Maiduguri, Kano et Jos, et coopéré avec les parents souhaitant déclarer leurs enfants disparus. Le nombre d’enfants qui attendent de retrouver leurs parents ne cesse d’augmenter. Le CICR et la Croix-Rouge du Nigéria ne ménageront aucun effort pour réunir les membres de familles dispersées.
 

Assistance chirurgicale et médicale

 
Le CICR a soutenu les autorités pour remettre en état le centre de soins de santé primaires Mala Kachalla, à Maiduguri, et former son personnel. Plus de 100 000 patients bénéficient aujourd’hui de meilleurs soins de santé. Le CICR a aussi fait don de secours médicaux à divers hôpitaux de Potiskum, Damaturu et Maiduguri pour prendre en charge les personnes blessées ces derniers mois lors des combats et des explosions de bombes dans la région.
 
L’équipe chirurgicale du CICR, en collaboration avec le personnel médical local, a opéré 38 patients au centre médical fédéral d’Azare, ainsi que sept patients à l’hôpital public de Jos, par des explosions de bombes à Bauchi et Yobe en novembre 2014.
 

Visite de détenus

 
En 2014, le CICR a visité des personnes détenues en relation avec la violence armée dans plus de 20 centres de détention. Le personnel du CICR a évalué le traitement qui leur est réservé et leurs conditions de détention, et fait part de ses constatations en toute confidentialité aux autorités. Une aide en nature a été fournie, si nécessaire.


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