Monde

Lancement de l’Année internationale du quinoa

« Un nouvel allié dans la lutte contre la faim et l’insécurité alimentaire »

Témoignages.re / 2 mars 2013

Le quinoa peut jouer un rôle important pour éliminer la faim, la malnutrition et la pauvreté. M. José Graziano da Silva, directeur général de la FAO, a insisté sur cet aspect le 20 février dernier lors du lancement officiel, au palais des Nations Unies, de l’Année internationale du quinoa.

Le Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon, le président de Bolivie, M. Evo Morales, et la Première Dame du Pérou, Mme Nadine Heredia Alarcón de Humala, figuraient parmi les personnalités invitées aux événements organisés le 20 février dernier pour célébrer le « super aliment » andin, une pseudo-céréale que distinguent sa haute valeur nutritive et sa richesse en protéines et micronutriments. 
« Nous sommes ici aujourd’hui pour nous faire un nouvel allié dans la lutte contre la faim et l’insécurité alimentaire : le quinoa », a déclaré M. Graziano da Silva en rappelant les propriétés nutritionnelles exceptionnelles et la capacité d’adaptation unique de cette culture. 

Cultivable partout

Le quinoa est le seul aliment végétal qui renferme à la fois tous les acides aminés essentiels, ainsi que des oligo-éléments et des vitamines. Cette plante s’adapte en outre à différents climats et environnements écologiques. Résistante à la sécheresse, à la pauvreté des sols et à une salinité élevée, elle se cultive au niveau de la mer comme à 4.000 mètres d’altitude et résiste à des températures comprises entre -8 et 38 degrés Celsius.
Alors que le monde doit relever le défi de produire plus d’aliments de qualité pour nourrir une population croissante dans un contexte de changements climatiques, le quinoa offre une source de nourriture alternative pour les pays souffrant d’insécurité alimentaire.
Le directeur général a précisé qu’au Kenya et au Mali, les rendements sont d’ores et déjà élevés. Et d’après de premières études de la FAO, la production de quinoa pourrait être développée dans l’Himalaya, dans les plaines au nord de l’Inde, au Sahel, au Yémen et dans d’autres régions arides.

Un don des Andes

Le quinoa, pour les civilisations précolombiennes des Andes, avait une grande importance nutritionnelle. Il venait en deuxième position après la pomme de terre. Traditionnellement, les graines de quinoa sont torréfiées puis transformées en farine pour la fabrication du pain. Le quinoa peut également être cuit, ajouté aux soupes, consommé comme une céréale, transformé en pâtes, et même fermenté pour produire une boisson similaire à la bière appelée  chicha , la boisson traditionnelle des Andes.
Aujourd’hui, le quinoa a trouvé ses marques dans la cuisine gastronomique et un rôle dans l’industrie pharmaceutique et d’autres industries. Désormais, sa culture s’étend au-delà de la région andine : outre en Bolivie, au Pérou, en Équateur, au Chili, en Colombie et en Argentine, il est également cultivé aux États-Unis, au Canada, en France, au Royaume-Uni, en Suède, au Danemark, en Italie, au Kenya et en Inde.
« Le quinoa est un don ancestral de la population andine », s’est félicité le président Morales, en insistant sur le rôle déterminant des indigènes, qui ont été les gardiens de cette culture pendant plus de 7.000 ans.

« À l’aube d’une reconnaissance mondiale »

« Cette graine extraordinaire, symbole culturel par excellence, constitue la base de l’alimentation de millions de personnes à travers les Andes depuis des milliers d’années », a déclaré Ban Ki-moon, Secrétaire général de l’ONU. Et d’ajouter : « Le quinoa est aujourd’hui à l’aube d’une reconnaissance mondiale ».
Le Secrétaire général a également souligné le rôle potentiel du quinoa pour réussir le défi Faim Zéro. En raison de sa valeur nutritive, mais aussi parce que l’essentiel de la production est actuellement réalisé par de petits agriculteurs. 
« Cette plante promet un accroissement des revenus — une priorité du défi Faim Zéro », a ajouté M. Ban Ki-moon.
Aliment et médicament

La plante du quinoa est droite et mesure de 30 cm à 3 m en fonction du type de quinoa, des génotypes, des conditions environnementales locales et de la fertilité des sols. Les plantes de vallées sont plus hautes que celles qui poussent à 4.000 m d’altitude et dans les zones froides. C’est dans les zones fertiles et abritées qu’elles atteignent leur plus grande taille. Leur couleur varie.

Les grains et la farine de quinoa peuvent servir à la préparation de quasiment tous les produits de l’industrie de la farine. Des essais conduits dans la région andine et ailleurs ont indiqué qu’il est possible d’ajouter 10, 15, 20 et jusqu’à 40% de farine de quinoa au pain, jusqu’à 40% aux pâtes, jusqu’à 60% aux génoises et jusqu’à 70% aux biscuits. Le principal avantage de l’utilisation du quinoa en tant que complément de la farine est qu’il permet de satisfaire une demande internationale croissante de produits sans gluten.

La plante entière sert de fourrage vert. Les résidus de récolte servent également dans l’alimentation des bovins, ovins, porcs, chevaux et volailles.

Les feuilles, tiges et graines de quinoa servent à diverses applications médicinales grâce à leurs propriétés cicatrisantes, anti-inflammatoires, analgésiques (mal de dents) et désinfectantes des voies urinaires. Elles servent également dans les cas de fractures, d’hémorragies internes et comme insectifuge.


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