Monde

Le bain de sang continue

Syrie

Céline Tabou / 1er juin 2012

La vague de contestations que connait la Syrie depuis le 18 mars 2011 a entrainé la mort de plus de 15.000 personnes suite aux attaques de l’armée syrienne, sur ordre du Président Bachar Al-Assad.

Un an et demi plus tard, les négociations diplomatiques n’ont donné aucun résultat. Le médiateur international Kofi Annan a rencontré mardi 29 mai le président syrien Bachar Al-Assad et lui a demandé de « prendre des mesures courageuses maintenant » pour mettre fin aux violences, a repris l’“Agence France Presse”.

Le ton durci chez les Occidentaux

Après les massacres de Homs, de nombreuses villes sont le théâtre de violences quotidiennes. La déclaration de Kofi Annan est, selon les observateurs internationaux, le signe d’un durcissement de la position des Occidentaux à l’égard de Damas. Les principaux pays européens, les États-Unis, le Canada et l’Australie ont annoncé l’expulsion des représentants diplomatiques syriens de leur capitale en représailles des tueries.

« J’ai besoin que le président (Assad) agisse maintenant, et que les autres parties fassent leur part du travail », a déclaré le médiateur international lors d’une conférence de presse suite à sa rencontre avec Bachar Al-Assad. « Nous sommes à un moment charnière », a-t-il ajouté, faisant valoir que « la communauté internationale allait sans tarder réexaminer la situation ».

En réponse aux déclarations de Kofi Annan, Bachar Al-Assad a réitéré ses accusations. Selon lui, l’opposition est responsable des violences, affirmant que « le succès du plan dépend de la fin du terrorisme (...) et de l’arrêt de la contrebande d’armes ». L’absence d’évolution dans les négociations entre le régime syrien et le Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l’opposition, a conduit ce dernier à appeler le Conseil de sécurité des Nations unies à agir en ce sens, en adoptant « une résolution permettant le recours à la force nécessaire en vue d’empêcher les génocides et les meurtres commis par les milices du régime ».

L’opposition syrienne critique la Russie

Le gouvernement américain a rappelé les liens entre la Syrie et la Russie, et déclaré espérer que le massacre de Houla, qui a fait 108 morts, ferait évoluer la position de la Russie, « indéfectible alliée de Damas qui a déjà opposé son veto à deux projets de résolutions condamnant la répression », précise l’“AFP”.

Le CNS a expliqué qu’une « entente internationale pour un départ d’Assad est le seul moyen de sauver le plan Annan et de trouver une solution politique, faute de quoi la situation risque d’exploser et menacera toute la région ». Toutefois, l’opposition syrienne a accusé mercredi 30 mai la Russie d’encourager le régime de Bachar Al-Assad à commettre des « crimes sauvages ». Cette déclaration survient à la suite des critiques de Moscou contre les sanctions diplomatiques prises en Occident.

Pour l’heure, Russes et Chinois refusent l’intervention des Nations unies en Syrie. « La Chine est opposée à une intervention militaire en Syrie et est opposée à un changement de régime par la force », a déclaré le porte-parole du Ministère chinois des Affaires étrangères, Liu Weimin, cité par l’“AFP”. De son côté, la Russie juge « prématurée » toute nouvelle action de l’ONU contre la Syrie, a déclaré, le même jour, le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Guennadi Gatilov, à l’agence russe “Interfax”.

 Céline Tabou 


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