Monde

Le bilan s’est alourdi à Madère

Deux jours après les pluies diluviennes

Témoignages.re / 23 février 2010

Le dernier bilan fait état de 42 morts et 250 disparus. Les secours s’organisent pour retrouver les victimes de la catastrophe. Depuis samedi, d’importants moyens ont été envoyés pour débrayer les routes et retrouver les victimes.

Les habitants de Madère se sont réveillés dimanche 21 février dans des tonnes de boue et de gravats, après les fortes pluies qui se sont abattues sur l’île. Les zones les plus touchées sont Funchal, capitale de l’île, et les villes périphériques construites autour de Funchal.

Les recherches se poursuivent

Le chaos règne. Des corps sont emportés par les eaux, des voitures sont projetées dans les précipices, des ponts sont arrachés et des maisons ont disparu. Les secours ont annoncé qu’ils pourraient trouver des victimes dans les parkings souterrains des centres commerciaux, qui sont encore sous l’eau. La vie s’est arrêtée à Madère, le maire de Funchal a demandé à ses concitoyens de rester chez eux pour ne pas gêner les secouristes.

Des centaines d’engins lourds et de camions ont été réquisitionnés pour déblayer les gravas et la boue, et des équipes cynophiles et des plongeurs recherchent encore les victimes. Par ailleurs, une équipe de médecins légistes a été envoyée sur place, afin de réaliser les autopsies, pour permettre aux familles d’identifier les corps et faire leur deuil.

Un mauvais aménagement du territoire

Selon des experts et des écologistes, les inondations que connaît Madère serait dues au « modèle d’urbanisation accélérée mis en œuvre depuis 30 ans, au détriment de l’environnement et des règles de sécurité ».

Ricardo Ribeiro, Président de l’Association portugaise de techniciens de la protection civile (Asprocivil), a ajouté : « Ce qui est arrivé à Madère est l’exemple même de ce qu’une mauvaise planification urbaine peut entraîner ».

Considéré comme un « gruyère » par les écologistes, Madère possède des bâtiments, routes et infrastructures non loin des cours d’eau, provoquant une « imperméabilisation des sols par l’asphalte et le béton, empêchant l’écoulement normal des trois principales rivières qui traversent Madère », selon Helder Spinola.

Depuis de nombreuses années, les écologistes ont tiré la sonnette d’alarme contre la « politique du béton » du Président du gouvernement régional, Alberto Joao Jardim, au pouvoir depuis 1978. Les autorités ne souhaitent pas répondre aux critiques, qu’ils jugent « ridicules ». Le Maire de la capitale Funchal, Miguel Albuquerque, explique que ces inondations sont dues à un « phénomène météorologique exceptionnel ».

Se dédouanant de toute responsabilité, le maire de Funchal va devoir faire face à de nouvelles catastrophes de ce type, s’il ne met pas en place une politique d’aménagement du territoire efficace.

CT


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