Monde

Le Brésil renvoyé 50 ans en arrière

Suppression des ministères de la Femme, du Développement agraire, de l’Égalité sociale et des Droits, et de la Culture

Témoignages.re / 23 mai 2016

Jefferson Miola, coordonateur du Forum social mondial, souligne que le gouvernement Temer a fait reculer le Brésil de 50 ans. Pour sa part, le plus grand syndicat du Brésil refuse de discuter avec le gouvernement issu du coup d’État et appelle à la mobilisation. Voici quelques unes des informations diffusées par Radio Havane Cuba.

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Les femmes en première ligne dans les manifestations de soutien à la démocratie au Brésil. Photo Agence PT

Jefferson Miola, qui a été coordonnateur exécutif du 5e Forum Social Mondial a souligné qu’en 5 jours au pouvoir, le gouvernement provisoire de Michel Temer a fait reculer le Brésil de 50 ans dans l’histoire.

Dans un article publié hier par le site web Brésil 247, Jefferson Miola, aujourd’hui chercheur à l’Institut de Débats, d’Études et d’Alternatives de Porto Alegre, ajoute : « 5 jours ont suffi pour confirmer ce que tout le monde savait déjà : la nature impopulaire et antinationale du Coup d’État mal maquillé d’impeachment contre la présidente Dilma Rousseff.

16 des 24 ministres accusés de corruption

Après avoir énuméré le long inventaire de mesures régressives adoptées pour le gouvernement usurpateur de Temer, Jefferson Miola assure que les putschistes ont d’ores et déjà démontré être très pressés pour exécuter leur plan.

En effet, le gouvernement Temer a éliminé le ministère du Développement agraire, chargé de l’application des politiques publiques spécifiques en faveur de quelque 20 millions de Brésiliens. Le gouvernement provisoire a également éliminé les ministères de la Femme, de l’Égalité sociale et des Droits ainsi que le ministère de la Culture.

L’article publié par Brésil 247 souligne d’autre part que 16 des 24 ministres du cabinet Temer font l’objet d’une enquête pour corruption et pour d’autres délits.

La CUT, la Centrale Unique des Travailleurs du Brésil, a refusé de négocier avec le gouvernement putschiste de Michel Temer.

Wagner Freitas, président de la plus importante centrale des travailleurs du Brésil, s’est ainsi exprimé pour décliner l’invitation faite par le président du gouvernement provisoire, pour analyser avec les organisations syndicales, sa réforme du paiement des pensions de retraite.

« La bataille sera livrée dans la rue »

La CUT souligne dans un communiqué que le gouvernement Temer prétend faire reculer les conquêtes des travailleurs. C’est pourquoi ajoute la CUT « la bataille sera livrée dans la rue »

« La classe travailleuse est la principale victime du coup et c’est pourquoi la CUT exige le retour de l’État de droit et du mandat de la présidente Dilma, légitimement élue avec plus de 54 millions de voix » signale le communiqué.

Par ailleurs, la Fédération Syndicale Mondiale, la FSM, a condamné le coup d’État parlementaire contre la présidente Rousseff et exprimé son soutien à la vague de manifestations qui prend les rues des principales villes du Brésil contre le gouvernement de Temer.


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