Monde

Le candidat communiste peut encore gagner au second tour

Election présidentielle à Chypre

Céline Tabou / 19 février 2013

Les 540.000 Chypriotes ont voté dimanche 17 février lors du 1er tour de l’élection présidentielle. Le candidat conservateur Nicos Anastasiades, est arrivé en tête avec 45,4% des suffrages. Il aura face à lui le communiste Stavros Maias crédité de 27% des suffrages, qui a devancé le candidat socialiste (24,6%)

Neuf hommes et deux femmes se sont disputé les suffrages, mais le grand favori s’est nettement détaché selon les sondages. Nicos Anastasiades, 66 ans, chef du grand parti d’opposition de droite, Disy. A l’issue du scrutin, le candidat de la droite conservatrice, Nicos Anastasiades, arrive en tête avec 45,4% des voix.
Lors du second tour prévu le 24 février, il devra faire face au communiste Stavros Malas, qui a obtenu 26,9%. En 3e position, le socialiste Giorgos Lillikas récolte 24,6%, les voix de ce dernier pourraient faire pencher la balance, mais le candidat socialiste n’a pour le moment donné aucune consigne de vote, a indiqué "Le Parisien".

Obtenir les aides internationales

L’élection présidentielle s’est ainsi centrée sur l’aide potentielle de la troïka (Fonds monétaire international, Banque centrale européenne, Union européenne). En effet, la reprise économique n’est pas attendue avant 2015, selon les experts et le chômage a atteint près de 15% de la population, qui compte 540.000 habitants. La hausse exponentielle du chômage et la dégradation de l’économie nationale a contraint Chypre à négocier depuis juin 2012 avec le Fonds monétaire international, l’Union européenne et la Banque centrale européenne autour d’un plan de sauvetage de près de 17 milliards d’euros ce qui représente l’équivalent de son PIB annuel, dont 10 milliards pour renflouer ses banques, plombées par leur exposition à la dette grecque.

Nicos Anastasiades, l’homme de poigne

Considéré par l’opinion publique chypriote comme un homme à poigne, Nicos Anastasiades s’est présenté pendant la campagne comme le seul capable de négocier le prêt international jugé crucial pour la survie de l’île. Ce dernier s’est d’ailleurs dit déterminé à l’obtenir, même au prix d’une austérité encore plus marquée, ont indiqué les agences de presse.
Pas encore élu à la tête du pays, Nicos Anastasiades devra faire face au chef de l’Etat sortant, le communiste Démétris Christofias, qui a accusé l’Union européenne et le Fonds monétaire international de « persécuter » les Chypriotes avec les conditions posées à leur aide éventuelle. Depuis 2012, des mesures ont été imposées afin d’abaisser les revenus et d’augmenter les impôts. Ces élections n’ont pas émoustillé les Chypriotes qui n’ont plus confiance en leurs représentants politiques. A l’instar de Marios Ioannou, 28 ans, interrogé par l’Agence France Presse qui a expliqué que « les gens sont en colère contre les responsables politiques et les banquiers qui nous ont mis dans ce pétrin. Beaucoup de mes amis ont perdu leur emploi. Chypre n’est plus ce qu’elle était ».

Céline Tabou


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