Monde

Le chômage et la pauvreté devraient s’accentuer dans l’avenir

Rapport de l’ONU sur la crise sociale

Céline Tabou / 25 août 2011

Le Département d’Économie et des Affaires sociales (DAES) du Secrétariat des Nations unies a publié ce mois-ci son rapport sur la crise sociale globale 2011. A l’heure de la crise économique et financière internationale, Sha Zukang, secrétaire général adjoint du DAES, n’est pas optimiste. Ainsi, en trois ans, le nombre de chômeurs a été multiplié par trois dans le monde.

La hausse mondiale du chômage a provoqué « une augmentation de la vulnérabilité », le chômage est passé de 78 millions de personnes en 2007 à 205 millions en 2009 et près de 212 millions en 2010. La montée rapide du chômage a entraîné, selon le DAES, entre 47 millions et plus de 84 millions de personnes dans une pauvreté extrême à cause de l’économie mondiale en crise.

Aggravation de la situation

Le DAES explique que l’augmentation du chômage a été le principal impact social de la crise dans les économies développées, les prochains plans de rigueur décidés en Europe devraient aggraver la situation. Aujourd’hui, les « travailleurs sont désormais soumis à un emploi plus vulnérable dans les pays en développement ». Sha Zukang explique que la « perte d’emplois ne signifie pas seulement la perte de revenus, mais aussi une augmentation de vulnérabilité, en particulier dans les pays en développement sans réelle protection sociale ».

La crise devrait continuer compte tenu « de la fragilité de la reprise économique et de la progression inégale des grandes économies ». Pauvreté, faim et chômage resteront les principales problématiques du monde, tant dans les pays développés qu’en voie de développement. Le DAES salue les décisions prises pour réduire la récession, dans certains pays comme la Grèce et l’Espagne, mais la reprise n’a pas été au rendez-vous. Fait inquiétant pour les Nations unies, le chômage et le sous-emploi chez les jeunes (15-24 ans), « à la fin de 2009, près de 79 millions de jeunes sont chômeurs, et le taux de chômage des jeunes s’établissait à 13% au niveau mondial ».

Prendre en compte le social

Dans son rapport, le Département d’Économie et des Affaires sociales des Nations unies appelle les États à plus de protection sociale. En effet, « sur le long terme, la protection sociale peut aider les individus et les familles à construire des ressources humaines et sociales, et améliorer leurs perspectives de subsistance, réduisant ainsi la pauvreté et libérant le potentiel productif de la main-d’œuvre ».
Certains économistes attestent que la prise en compte de mesures pour la création d’emplois aurait, sur le long terme, des effets positifs sur l’économie des pays. En effet, relancer l’activité et l’investissement permettrait de créer des emplois et de la valeur ajoutée, qui rééquilibreraient les finances publiques et, au final, les budgets financiers des États.

Céline Tabou


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