Monde

Le conflit s’enlise

Syrie

Céline Tabou / 14 février 2012

Le conflit en Syrie a débuté en mars 2011, suite au Printemps arabe qui a vu naitre des mouvements de contestations contre les régimes en place. Onze mois plus tard, le conflit aurait fait près de 5.000 morts dans les heurts entre les pros et les anti-Bachar el-Assad.

Le Président Bachar el-Assad a ordonné dès le début des manifestations à l’armée de repousser les manifestants dans tout le pays. Cependant, une partie de l’armée a fait sécession et s’est rangée du côté des manifestants. La situation s’est dégradée en avril lorsque l’armée à commencer à réprimer les manifestants.

Les tentatives d’apaisements échouent

Chaque vendredi, jour de prière, des centaines de manifestants, armés ou non, sont la cible des troupes de Bachar el-Assad. Si bien que les Nations unies ont annoncé à la mi-décembre 2011 plus de 5.000 morts et plus de 14.000 opposants détenus. Une délégation très contestée de la Ligue arabe s’est rendue sur place sans pour autant attester du conflit armé entre les partisans du président syrien et les manifestants. La communauté internationale reste dans le flou, notamment à cause du veto russe et chinois pour des raisons de non-ingérence. Aujourd’hui, la Ligue arabe propose la venue en Syrie de Casques Bleus pour apaiser le conflit. Selon certains observateurs, ce conflit pourrait aboutir en guerre civile, suite aux nombreuses défections au sein même de l’armée.

Après avoir tenté la médiation, les pays de la Ligue arabe, réunis dimanche 12 février au Caire, ont durci le ton pour tenter de juguler la violence en Syrie. Ces derniers ont décidé de « mettre fin à la mission des observateurs de la Ligue arabe et d’inviter le Conseil de sécurité à adopter une résolution pour former une force de maintien de la paix arabo-onusienne conjointe ». Peu auparavant, la Ligue avait annoncé la démission du chef de la mission des observateurs de la Ligue arabe en Syrie, le très controversé général soudanais Mohammed Ahmed Moustapha al-Dabi. L’organisation prévoit d’« ouvrir des canaux de communication avec l’opposition syrienne et de lui fournir toutes les formes de soutien politique et matériel », a annoncé la Ligue, qui a également salué la proposition de la Tunisie d’organiser une « conférence des amis de la Syrie ».

Divisions de la communauté internationale

Dans son communiqué final, la Ligue arabe a appelé à rompre avec « toutes les formes de coopération diplomatique avec les représentants du régime syrien dans les États, les instances et les conférences », a rapporté l’“Agence France Presse”. Ce durcissement a été rejeté par le gouvernement syrien, qui a annoncé dimanche soir rejeter « catégoriquement » les décisions de la Ligue et dénonçant « l’hystérie » de certains pays arabes.

Le Conseil national syrien et l’Armée syrienne libre (ASL, force d’opposition armée) ont appelé les pays arabes à « participer de manière directe et efficace au financement légitime des opérations d’autodéfense et de protection des zones civiles menées par l’ASL ». La communauté internationale est divisée, face au blocage à l’ONU, plusieurs pays ont pris des mesures unilatérales pour isoler Bachar el-Assad. En effet, Chinois et Russes ont refusé de voter des sanctions contre les autorités, en attendant, chaque pays tente de mettre en place une stratégie visant à isoler le régime syrien.

Céline Tabou

Homs, cœur de la révolte syrienne

Devenu un enjeu majeur pour le Président Bachar el-Assad, Homs résiste depuis le début des affrontements. Principale ville industrielle de la Syrie avec 1,6 million d’habitants, Homs est aujourd’hui surnommée la capitale de la révolution. Cible de l’offensive de l’armée pro-Bacher, des combats sanglants persistent, en dépit de la délégation de la Ligue arabe.

Lundi 6 février, l’armée et les forces de sécurité tentent de faire plier Homs, les attaques ont fait au moins 30 morts et plus de 200 blessés. Actuellement, la ville est attaquée par des dizaines de blindés. Trente-neuf personnes sont mortes dimanche, privées d’hôpitaux et désormais de pain, des milliers de personnes dépendent de l’aide extérieure. « A Homs, les volontaires du Croissant-Rouge syrien (CRS) distribuent de la nourriture, des couvertures et de l’aide médicale à des milliers de gens touchés par la recrudescence des violences », a affirmé un communiqué commun du CRS et du Comité international de la Croix-Rouge (CICR).


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