Monde

Le débat continue autour d’une intervention en Syrie

L’Assemblée a discuté pendant quatre heures hier

Céline Tabou / 5 septembre 2013

À 24 heures de l’ouverture du sommet du G20, le président russe Vladimir Poutine a exigé des "preuves convaincantes" concernant le recours présumé d’armes chimiques par les autorités syriennes.

Craignant que le dossier syrien soit le point central du sommet du G20, Moscou baisse le ton et tente l’apaisement. De son côté, le président Barack Obama essaie de convaincre le Congrès d’une action militaire. Ce dernier a reçu le soutien de plusieurs élus de poids. De même, à Paris, l’intervention en Syrie a été débattue devant le Parlement français depuis le 4 septembre.

Les Russes restent dans l’expectative

Le conflit a débuté en 2011, à la suite du Printemps arabe, depuis le conflit a fait plus de 110.000 morts selon l’Agence France Presse. La limite imposée par les Occidentaux, pour pouvoir intervenir était l’utilisation d’armes chimiques. Le 21 août, cette limite a été dépassée, sans toutefois entraîner d’intervention sur le territoire syrien. En effet, les États-Unis et la France cherchent à mettre en place une coalition pour mener des frappes contre les forces de Bachar al-Assad, en représailles à une offensive chimique toujours "présumée".

Dans un tel contexte, Vladimir Poutine a exigé que les Occidentaux présentent à l’ONU des " preuves convaincantes " de l’usage d’armes chimiques par le pouvoir syrien, affirmant que la Russie serait dans ce cas prête " à agir le plus résolument et sérieusement possible ", a relevé l’AFP. Le pays a évoqué la possibilité de mettre son veto à toute intervention en Syrie, bloquant ainsi les actions du Conseil de sécurité. Suite aux déclarations française et américaine, le président russe a expliqué dans un entretien à la chaîne publique Pervyi Kanal qu’une intervention militaire en Syrie sans l’aval du Conseil de sécurité serait une " agression ".

Ce dernier a également indiqué avoir suspendu ses livraisons de batteries sol-air S300 à Damas. En France, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a défendu la ligne de la France, qui est de réunir une coalition internationale afin de "sanctionner" Bachar al-Assad. Contrairement aux Américains et aux Britanniques, les parlementaires français ne voteront pas, bien que 74% des Français souhaitent un vote avant toute action militaire.

Incertitudes

Déterminé à intervenir en Syrie, dans l’hémicycle, Jean-Marc Ayrault a martelé les "certitudes" du gouvernement sur l’usage de gaz sarin et sur la responsabilité du régime syrien dans l’attaque du 21 août près de Damas. Au cours des débats qui auront duré quatre heures, et auront été retranscrits en partie par l’Agence France Presse, le Premier ministre a rappelé son soutien à l’instar de "tous les députés de l’opposition d’alors", à l’intervention de la France en Libye en mars 2011. Jean-Marc Ayrault a ainsi demandé "du fond du coeur" que le Parlement soit réuni "pour condamner concrètement le régime de Bachar al-Assad".

De son côté, le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a mis en garde contre les risques d’une " action punitive ". Ce dernier a souligné l’impact que celle-ci pourrait avoir "sur les efforts pour empêcher d’autres effusions de sang et faciliter un règlement politique du conflit". De nombreuses voies se sont fait entendre contre ces attaques, notamment le Haut Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR), qui a estimé que le nombre de réfugiés syriens dépassait désormais les deux millions, soit huit fois plus qu’il y a un an. Malgré les tensions, le vice-ministre syrien des Affaires étrangères Fayçal Moqdad a indiqué lors d’une interview exclusive à l’AFP que les autorités ne cèderont pas " face aux menaces de frappe occidentale même en cas de troisième guerre mondiale. Aucun Syrien ne peut sacrifier l’indépendance de son pays ". Ce dernier a indiqué que Damas avait pris "toutes les mesures" pour faire face à une éventuelle attaque et qu’il mobilisait ses alliés face à l’axe mené par les États-Unis et la France.

Céline Tabou


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