Monde

Le FMI, sujet de discorde

Tension entre les USA et la Chine

Céline Tabou / 26 septembre 2011

Les Chinois et Américains se sont opposés sur les ressources du Fonds monétaire international (FMI) devant les États membres, samedi 24 septembre, à Washington, lors de l’assemblée annuelle de l’institution.

Christine Lagarde, directrice du FMI, a indiqué que les ressources étaient « peut-être insuffisantes ». « La crédibilité et donc l’efficacité du Fonds reposent sur son aptitude perçue à affronter les scénarios du pire. Nos capacités de prêts de près de 400 milliards de dollars semblent confortables aujourd’hui, mais font pâle figure au regard des besoins de financement potentiels des pays vulnérables et des victimes collatérales de la crise », a-t-elle indiqué.

Désaccord sur les fonds du FMI

Le gouverneur de la Banque centrale de Chine, Zhou Xiaochuan, a redouté que les ressources du FMI ne soient « pas adaptées » face à l’aggravation de la crise. Actuellement, les ressources disponibles du FMI sont d’environ 630 milliards de dollars, celles-ci « pourraient ne pas être adéquates pour faire face aux besoins potentiels des pays frappés par la crise », a indiqué Zhou Xiaochuan.

De leur côté, principal pays à financer le Fonds, les Américains attestent que « le FMI a des ressources adéquates » et ont rappelé l’accord entériné en novembre 2010, destiné à doubler les contributions permanentes des États membres, c’est-à-dire les quotes-parts.

Certains comme le Chili et le Japon ont soutenu l’idée d’une augmentation des ressources. « Il pourrait valoir la peine d’examiner la possibilité de renforcer les ressources financières du Fonds », a déclaré samedi le ministre japonais, Jun Azumi. Ce dernier a suggéré que le FMI « établisse un dispositif capable d’apporter rapidement les liquidités nécessaires aux États membres qui se comportent bien », afin d’« empêcher la contagion des crises ».

Parlant au nom de six pays sud-américains, le gouverneur de la Banque centrale du Chili, José De Gregorio, cité par l’“Agence France Presse”, a ajouté qu’il « faut donner une priorité plus élevée à cette question ».

Du côté des 21 pays d’Afrique, la ministre des Finances nigériane, Ngozi Okonjo-Iweala, a proposé « la création d’un mécanisme multilatéral dans le cadre duquel le Fonds et les banques centrales collaborent afin de fournir des liquidités aux États membres confrontés à des pressions sur leur financement ».

La zone euro au cœur des décisions

Le communiqué du Comité monétaire et financier international (CMFI), comité directeur du FMI, a rapporté son engagement. Celui-ci indique que les pays développés auront des banques suffisamment capitalisées et financées, soutiendront la politique monétaire à l’activité, et mettront en place des réformes structurelles afin d’améliorer croissance et emploi. Dans les pays émergents, un rééquilibrage du modèle de croissance en faveur de la demande intérieure dans les pays émergents, a cité l’AFP.

En dépit des promesses du CMFI concernant la zone euro, le secrétaire au Trésor, Timothy Geithner, a souhaité que « Des mesures supplémentaires pour accroître la capacité effective de ces engagements sont toujours nécessaires afin de créer un pare-feu contre une contagion plus grave ». D’accord sur ce point, le gouverneur de la Banque centrale de Chine, Zhou Xiaochuan, a ajouté que « La crise de la dette dans la zone euro a besoin d’une solution rapide pour stabiliser la confiance sur les marchés ». Mais il a souligné que les problèmes de la dette concernaient tout le monde, c’est pour cette raison que Pékin souhaite « des plans de rééquilibrage budgétaire de moyens clairs et crédibles » dans « les grandes économies développées ».

Les pays de la zone euro se sont, quant à eux, engagés devant les États membres du Fonds monétaire international (FMI) à faire « tout le nécessaire » pour résoudre la crise de la dette publique.
Pour la première fois, les ministres des Finances de la zone euro se sont engagés dans un texte commun, auprès de leurs homologues du monde entier, « qu’ils feront tout le nécessaire pour résoudre la crise de la dette publique et assurer la stabilité financière de cette zone dans son ensemble et de ses États membres ».

Pour le moment, tout repose sur le second plan d’aide à la Grèce, promis le 21 juillet, et qui met en désaccord les pays membres de la zone euro et le G20 de novembre. Celui-ci tentera de rassurer les marchés internationaux.

 Céline Tabou 


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