Monde

Le Forum de Doha devenu le « Davos du monde arabe »

Du côté des pays émergents

Céline Tabou / 23 mai 2013

Le 13ème Forum de Doha a ouvert ses portes, lundi 20 mai au Qatar, où sont réunis plusieurs chefs d’État et de gouvernement, chefs d’Entreprise et experts internationaux, pour débattre de question d’actualité telles que la coopération internationale, la transition démocratique après le printemps arabe ou le processus de paix au Moyen-Orient.


Il s’agit du treizième Forum organisé par le Qatar, qui souhaite devenir un lieu d’échange privilégié pour les acteurs de la transition dans le monde arabe, en parallèle avec le Forum de Davos, où se réunissent chaque année les décideurs économiques et politiques du monde entier.

Un nouvel ordre mondial

Dans une allocution, l’Emir du Qatar, Sheikh Hamad Bin Khalifa Al-Thani, a appelé les dirigeants du monde arabe à « procéder à des réformes complètes pour une participation de leurs peuples à la prise des décisions politiques et économiques, une démarche qui, à ses yeux, est une garantie de paix et de justice sociale » , a noté le site DakarActu. « Aujourd’hui, dans le monde arabe nous assistons aux appels du peuple pour réaliser une réforme complète, le peuple revendique la participation politique dans la gestion de la chose publique », a affirmé l’Emir, à l’ouverture du 13ème Forum de Doha, en présence notamment du président Macky Sall, hôte de l’Emir.

Face aux changements politiques, économiques, sociaux, culturels et intellectuels, « les pays arabes ont été les plus affectées par ces mutations », a-t-il indiqué, ajoutant d’autres problématiques à débattre telles que la pauvreté, le chômage, les violations des droits de l’homme sous des « régimes totalitaires et corrompus ». Ce dernier a appelé à une nouvelle gouvernance afin de « garantir la participation du peuple à la prise de décision ». Sur le plan économique, l’Emir s’est positionné sur un libre échange favorisant le commerce international, en créant un environnement propice à l’investissement national et régional, mais surtout établir des partenariats nécessaires entres les secteurs privé et public.

Une place pour l’Afrique émergente

Pour Pascal Boniface, directeur de l’Institut de relations internationales et stratégiques, « les discussions sont généralement très riches, elles réunissent des gens de très haut niveau » à Doha. De son côté, Macky sall, président du Sénégal, « en seulement douze ans d’existence, le Forum de Doha a gagné ses lettres de noblesse. Par l’actualité de ses thèmes et la qualité de ses débats, ce Forum est devenu un observatoire privilégié des grands changements qui continuent d’agiter le cours de l’histoire contemporaine ». Selon le chef de l’État sénégalais, « de nouvelles puissances émergent, et avec elles, la géopolitique internationale et l’économie mondiale changent de paradigmes ». Ces mutations profondes modifient les rapports entre États et en leur sein, a expliqué le quotidien “Le Soleil”.

Invité en tant que président en exercice du NEPAD (Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique), Macky Sall a indiqué que « nos pays offrent de nouvelles opportunités d’investissements rentables dans les secteurs clefs de l’Agriculture, l’Énergie et les Infrastructures ». Ce dernier a ajouté que « l’Afrique connaît un renouveau économique et démocratique », malgré « le poids du passé et les défis du présent, nos pays et notre continent s’installent dans une dynamique positive et ne veulent pas être les laissés pour compte du nouvel ordre mondial en gestation ».

Céline Tabou

Les Français à Doha

La délégation française, composée de 80 membres, s’est fait remarquer au Forum de Doha. Une vingtaine de parlementaires, des anciens ministres, des chercheurs, des journalistes, mais aussi des personnalités comme Enrico Macias, l’ancien préfet Daniel Canépa ou le patron de Skyrock, Pierre Bellanger. De leurs côtés, les Britanniques étaient 24 et les Américains, 47. Pour Jean-Vincent Placé, sénateur EELV et Alexis Bachelay, jeune député PS, le Qatar est « un partenaire stratégique, il est important de se rendre compte de la réalité du pays sur place ».

Une telle présence a été gérée par l’Ambassade du Qatar à Paris, où l’émir a investi massivement. Adepte de la francophonie, la famille de l’émir Sheikh Hamad Bin Khalifa Al-Thani a des relations privilégiées avec de nombreux responsables politiques présents ou passés. Dans un modèle de « diplomatie de prestige », « et surtout, en ces temps de Qatar-bashing », « faire venir autant de parlementaires, de journalistes permet de leur montrer la réalité du pays », a analysé Pascal Boniface. « C’est de la diplomatie de prestige. Ils entretiennent leur réseau, ils se font connaître », a indiqué un diplomate, au site internet MetroNews.


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