Monde

Le G77 + Chine souhaite changer le monde

Céline Tabou / 17 juin 2014

Le sommet du Groupe des 77 plus la Chine s’est ouvert samedi 14 juin, à Santa Cruz en Bolivie. Durant deux jours, les dirigeants du monde ont échangé sur le thème « Nouvel ordre mondial pour bien vivre ».

L’objectif de ce sommet est de débattre de l’éradication de la pauvreté, des changements climatiques et de l’agenda du développement durable post-2015. Cette année a été l’occasion de célébrer le 50ème anniversaire de la création du G77.

Plus de 130 pays concernés

Le G77 regroupe désormais plus de 130 pays en voie de développement, membres des Nations Unies, plus la Chine. « Au fil des ans, ce groupe diversifié, qui représente aujourd’hui plus de la moitié de la population mondiale et les deux tiers des Etats membres des Nations Unies, a permis au Sud de s’exprimer d’une seule voix », a déclaré le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, dans son discours d’ouverture.

Pour le diplomate, cette coalition se doit d’« apporter de nouvelles idées, des approches de négociation flexibles et créatives, et des propositions concrètes et équilibrées pour surmonter les distinctions traditionnelles Nord-Sud et offrir un programme de transformation de développement post-2015 ». Cette année, plus de 100 délégations du bloc G77 ont participé au sommet, présidé par le président bolivien Evo Morales.

Le G77 regroupe la plus importante organisation intergouvernementale de pays en développement au sein de l’ONU. Le but est de promouvoir les intérêts économiques collectifs et d’augmenter l’influence de ses membres au sein de la communauté internationale. Autre aspect plus politique de ce sommet, la remise en cause du modèle actuel.

En effet, pour le président uruguayen José Mujica il n’est « plus possible de cautionner cette civilisation du gaspillage, qui affecte la vie même de la planète ». José Mujica, ex-guérillero du mouvement Tupamaros, a affirmé qu’un « autre monde est possible ».

Eradiquer la pauvreté

Les pays doivent mettre en place un nouveau plan de développement, après les Objectifs de Développement pour le Millénaire (OMD), qui prendront fin en 2015. « En agissant ensemble, les Etats membres peuvent éradiquer l’extrême pauvreté et fournir des opportunités pour tous dans les limites imposées par les ressources de notre planète », a affirmé Ban Ki-moon. Un aveu à demi-mot de l’impossibilité pour les Etats d’éradiquer la pauvreté dans le monde, comme convenu lors de la signature des OMD en l’an 2000.

En effet, objectif n°1 des OMD, l’éradication de la pauvreté devait être réduite de moitié pour 2015, malgré les progrès, le compte n’y est pas. A l’issue de la session plénière du G77, l’ambassadeur bolivien à l’ONU, Sacha Llorenty, a expliqué au nom du G77, que « l’éradication de la pauvreté est le plus grand défi qu’affronte le monde et la condition indispensable pour le développement durable ».

De nouveaux engagements ont été prit contre l’inégalité, la protection de l’environnement et la souveraineté des pays sur leurs ressources naturelles, évoquant également l’élargissement du Conseil de sécurité.

Ban Ki-moon a présidé les travaux de ce sommet et assuré que « le destin de milliers de pauvres et l’état de la planète dépendent du succès de notre travail ». Rappelant que l’Asie, l’Afrique et l’Amérique latine, qui composent le G77, « représentent 77% de la population mondiale, mais aussi 43% de l’économie mondiale », Evo Morales a insisté pour sa part sur la nécessité de « prendre des mesures immédiates ». Pour la présidente argentine Cristina Kirchner, « un nouvel ordre mondial pour vivre mieux doit considérer un nouveau système pour tous les pays ».

Céline Tabou


Kanalreunion.com