Monde

Le naufrage judiciaire du Joola

Les médias sénégalais dénoncent une décision de la justice française

Témoignages.re / 2 novembre 2014

Les journaux critiquent le non-lieu de la justice française concernant le naufrage de ‘’ Le Joola’’ qui avait fait près de 1900 victimes.

Dans son numéro de mercredi, le quotidien de service public ‘’Le Soleil’’ annonçait parmi les informations parues à sa première page qu’un non-lieu a été prononcé à l’égard des présumés responsables dans le procès sur ‘’Le Joola’’ en France. « Entamé en 2003, le marathon judiciaire sur le naufrage du bateau ‘’Le Joola’’ connaîtrait-il son épilogue ? », s’interroge d’entrée le confrère dans son article.

A travers les colonnes, Me Jean-René Farthouart, l’un des avocats de l’Etat du Sénégal dans cette affaire a expliqué que « les deux juges d’instructions considèrent qu’il y avait une nullité qui bénéficie à l’ensemble des personnes mises en examen (…) ». ‘’Le Soleil’’ précise que la justice française ordonne un non-lieu contre les sept personnalités sénégalaises qui étaient poursuivies par les familles des victimes du naufrage. Le journal rappelle que ce drame considéré comme la plus grande la catastrophe maritime de l’histoire avait officiellement fait 1863 morts et disparus dont 22 français. La tragédie a eu lieu le 26 septembre 2002.

Avec cette décision, ‘’Le Quotidien’’ trouve que « la vérité reste au fond de l’eau ». Le titre se souvient qu’en 2003 déjà, la justice sénégalaise avait classé l’affaire sans suite, faisant porter l’entière responsabilité au commandant du navire qui a perdu la vie dans le drame. « Dès les premières heures de cette décision, les familles des victimes ont étalé leur incompréhension. Elles savent que l’espoir de savoir la vérité sur cette affaire s’est définitivement dissipé. Car la justice française constituait la dernière bouée de sauvetage à laquelle s’accrochaient toutes ces personnes avides de vérités », retient ‘’Le Quotidien’’.

Sur la même lancée, ‘’Le POPulaire’’ note pour sa part, que c’est le « naufrage judiciaire de ‘’Le Joola’’ en France ».

« Clap de fin pour le volet français du dossier », signale de son côté, ‘’Walfadjri l’Aurore’’ qui se rappelle qu’en septembre 2008, le juge français Jean-Wielfried Noël avait lancé neuf mandats d’arrêts internationaux contre des personnalités sénégalaises dont l’ancien premier ministre Mame Madior Boye. Des mandats d’arrêts annulés en 2010 après une longue période de vives protestations de l’Etat du Sénégal, se remémore toujours ‘’Walf’’.


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