Monde

Le peuple d’Islande refuse de payer à la place des banquiers

Pour la deuxième fois en moins d’un an

Témoignages.re / 12 avril 2011

Pour la deuxième fois en moins d’un an, le peuple islandais devait se prononcer par référendum sur une loi permettant d’utiliser l’argent public pour rembourser les dettes créées par la faillite d’une banque, Icesave.

Dimanche dernier, pour la seconde fois en moins d’un an, les Islandais ont refusé de ratifier une loi ouvrant la voie à la prise en charge par les fonds publics des dettes résultant de la faillite d’une banque. Icesave s’était écroulée en 2008, sa faillite avait emporté avec elle les placements de 340.000 épargnants britanniques et néerlandais. Les gouvernements de Grande-Bretagne et des Pays-Bas ont décidé d’indemniser leurs ressortissants, et ils se sont ensuite tournés vers le gouvernement islandais pour se faire rembourser.
La somme représente 3,9 milliards d’euros. Le gouvernement a proposé une loi, votée par le Parlement. Mais le président de la République a refusé de la promulguer, provoquant un référendum en mars dernier. La question posée à chaque Islandais était donc claire : voulaient-ils assumer la charge d’une dette de 12.200 euros par habitant, avec étalement des paiements jusqu’en 2046 ?
Suite à ce refus, le gouvernement a de nouveau proposé une loi allant dans le sens de la prise en charge d’une faillite privée par des fonds publics, le Parlement a validé le texte, mais une nouvelle fois le chef de l’État a choisi de laisser le peuple décider directement. Et c’est une nouvelle fois la résistance du peuple qui a triomphé.
Les partisans du "oui" n’ont pourtant pas lésiné sur les moyens. En effet, le pays négocie actuellement son adhésion à l’Union européenne. Et il a été clairement affirmé que le paiement de cette dette privée par le peuple pouvait faciliter l’entrée de l’Islande dans l’Union européenne.
Au lendemain du referendum, la Commission européenne a affirmé que le résultat n’a « pas d’impact sur les négociations d’adhésion ».
Tout cela n’est pas sans rappeler la campagne sur la Constitution Giscard, et les arguments des partisans du "oui".


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